Le Théâtre du Blog a été créé en 2008 par Edith Rappoport et Philippe du Vignal; depuis, 9.450 articles ont été publiés sur le théâtre, la danse, les arts de la rue, les performances, le cirque, la magie, les livres, revues et les expositions spécialisées, en province et région parisienne, mais aussi à l’étranger…

Philippe du Vignal – Rédacteur en chef

Critique dramatique, il a été aussi responsable de la rubrique: Théâtre aux Chroniques de l’Art Vivant dirigées par Jean Clair puis à artpress dont Catherine Millet était la rédactrice en chef. Il a participé plusieurs années aux Nuits magnétiques d’Alain Veinstein à France-Culture et au quotidien La Croix. Il a longtemps dirigé l’Ecole du Théâtre National de Chaillot dirigé par Jérôme Savary, puis par Ariel Goldenberg. Il y enseignait aussi l’histoire du spectacle contemporain. Il a aussi été professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs: département Scénographie et Section Costumes/Vêtement.

Sébastien Bazou

Ancien élève de l’École des Beaux-Arts de Dijon, s’est spécialisé dans l’installation multi-médias. Il a cofondé l’association et le magazine Artefake qui publie des articles sur l’histoire de la magie en Europe et aux Etats-Unis.

Jean Couturier

Critique dramatique et de danse et assistant du rédacteur en chef. Il a obtenu un master et une D.E.A. sous la direction de Robert Abirached à l’Université Paris X-Nanterre. Il a assisté le metteur en scène Philippe Genty pour plusieurs spectacles.

Christine Friedel

Est critique dramatique. D’abord, et notamment à Réforme. Elle a ensuite collaboré aux mises en scène du Théâtre du Campagnol, dirigé par Jean-Claude Penchenat et fait partie du groupe d’experts pour le théâtre à la D.R.A.C.-Île-de-France. Et elle a aussi été la rédactrice de la revue Plaisir(s) éditée par le château de la Roche-Guyon et est l’auteure de La Roche-Guyon, le château invisible.

Elisabeth Naud

Critique de théâtre, enseigne actuellement à l’Université Paris VIII. Elle est docteure en esthétique théâtrale.

Béatrice Picon-Vallin

Directrice de recherches au C.N.R.S., est spécialiste du  Théâtre russe sur lequel elle a publié de nombreux livres. Elle dirige les collections Mettre en scène  à Actes Sud-Papiers, Arts du spectacle aux éditions du C.N.R.S. et aussi Th. XX aux éditions L’Age d’homme.

Nicolas Villodre

a participé entre autres  à la Coopérative des Cinéastes  et a soutenu en 83 une thèse en arts plastiques consacrée à Christian Schad, Man Ray et Laszlo Moholy-Nagy. 

Spécialiste et critique de danse contemporaine, il a été jusqu’en 2013, assistant du directeur de la Cinémathèque de la Danse et a publié de nombreux articles dans La Revue d’esthétique, Pour la Danse, La Cinémathèque Française…

Solange Barbizier

Critique de théâtre

Laurent Schteiner

Critique de théâtre

Correspondants :

Gérard Conio

professeur émérite de l’Université de Nancy, est un spécialiste de la civilisation russe et des pays de l’Est.

Nektarios G. Konstantinidis

traducteur et critique de théâtre notamment francophone, à Athènes et en Grèce.

(Tous les documents et archives sont publiés sauf avis contraire des ayants-droit et, dans ce cas, seraient aussitôt retirés).

  • Les 3000, textes de Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt et Hakim Djaziri

     Les 3000, textes de Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt et Hakim Djaziri

    Photo Benoît Pouvreau © Département de la Seine-Saint-Denis
    Photo Benoît Pouvreau © Département de la Seine-Saint-Denis

    Une lecture d’une série théâtrale en dix épisodes d’un homme qui a grandi dans un quartier difficile: la Rose des Vents à Aulnay-sous-Bois, dit  aussi Les 3000. 
Adolescent, il  éprouvera, et plus que de raison, la violence, le reniement, le communautarisme et l’embrigadement religieux. Puis il aura des problèmes avec la Justice et finalement, se dégoûtera de de la France.  Un malaise social dû à l’isolement, à la frustration, mais aussi à la peur, à l’impuissance : cause de ruptures identitaires observables et observées…

    Désaxé au Théâtre du Train bleu  Photo F. Vila
    Désaxé au Théâtre du Train bleu
    Photo F. Vila

    Hakim Djaziri est depuis dix-sept ans, comédien, auteur et metteur en scène. Il a fondé la compagnie Teknaï, un collectif d’artistes à Aulnay-sous- Bois. En pratiquant le théâtre celui qui ne « se trouvait » pas, a  découvert le trésor des différences culturelles  et celui de l’expression des sentiments. Il a créé Désaxés, un spectacle mis  en scène par Quentin Defalt qui a  marqué les esprits.  Créé en février l’an passé au Festival Oui ! de Barcelone, il a été repris au festival d’Avignon  au Théâtre du Train Bleu. L’auteur y fait le récit de sa jeunesse : rupture identitaire, quête de sens et attrait pour le djihadisme,  avec des parcours hasardeux qui auraient pu être évités. Au-delà d’un bel éloge rendu à la famille, ce témoignage sur une communauté pose la question de l’identité des jeunes qui s’engagent.

    Comme l’a écrit Kamal Daoud, dans Le Peintre dévorant la femme : « L’Occident est donc un nu, il est nu. Abdellah voudra le convertir à la voie juste et à la volonté de son dieu, le rendre décent, lui faire avouer le crime d’avoir voulu convertir ceux qu’il a dominés par ses modes sanguinaires durant les colonisations. C’est le mouvement inverse des trois derniers siècles : le missionnaire n’est plus l’Occidental qui veut convertir les barbares, les « autres » ; mais l’Autre qui débarque chez l’Occidental et veut le convertir au nouveau Dieu colérique. L’Occident n’est plus une expansion mais une rétraction. Il n’est plus ordonnateur mais sommé. »

    Cette série théâtrale  approfondit le travail sur cette jeunesse, « dévoilant » franco de port : le racisme, la place des femmes dans les quartiers populaires, l’homophobie, les dérives islamistes… Une expérience amère… quand on a la sensation de ne plus appartenir à la société…  et advient une cristallisation maudite des tensions et blessures ! Auteur et metteur en scène se sont immergés dans le quartier des 3000  en janvier dernier pour  se confronter à sa réalité socio-économique et culturelle. Cela donnera naissance à une série théâtrale en dix épisodes de vrais destins, dix portraits, dix histoires vraies : une occasion de cerner les mécanismes qui subvertissent et dénaturent les liens.

    Ainsi est mise en lumière la parole de ces «oubliés de la France » dont le parcours est peint sans manichéisme, sans moralisation, ni partialité, après un travail de cinq ans.  Ces « oubliés » ont tous un point commun : ils se rencontrés au moins une fois. Deux épisodes seront créés par an et en même temps. Mis en scène par Quentin Defalt et l’autre par Hakim Djaziri:  chacun pour cinq épisodes. La cité des 3000 est le territoire commun où chacun des protagonistes passera un jour ou l’autre. Les acteurs joueront au moins deux épisodes et ceux qui seront créés chaque année seront présentés au public en exclusivité au Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-Sous-Bois  (Seine-Saint-Denis). 

    Les 3.000 – épisode 1 : Ammar, la transmission sacrifiée, texte et mise en scène d’Hakim Djaziri

    FF77FC99-FC93-4CCA-AF40-ED590A7DF78CAmmar a grandi en Algérie dans une famille traditionaliste comme toutes les communautés qui y vivent. Adulte, il s’émancipera en devenant haut fonctionnaire. Il rencontre sa femme Zohra avec laquelle il a une relation heureuse. Ils auront deux enfants mais la guerre civile algérienne des années 90, les forcera à s’exiler en France : « On ne peut plus vivre ici. On observe le monde tel qu’il est, dur, âpre ». Fini l’insouciance, le bien-être et les paysages oranais ! La famille emménage en plein cœur de la cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois. Une bascule sociale difficile : Ammar sera obligé d’aller vendre des vêtements sur les marchés… Il a subi la guerre civile et a fui la violence mais il la  retrouvera dans les banlieues-ghettos : un « territoire oublié de la République où s’entasse la misère du monde ». Et Malik « a la haine » quand il voit son père écouler ses stocks sur un marché du Blanc-Mesnil : il estime qu’il se dégrade et se mésestime…

    Alors commence pour la famille, un long et difficile chemin vers l’intégration. Les sacrifices consentis par Ammar pour offrir un avenir heureux aux siens, ne seront pas récompensés : son aîné sombrera dans l’extrémisme religieux que lui et sa femme ont tant rejeté… La vie d’Ammar va basculer et il se lance alors à corps perdu dans la bataille la plus difficile de sa vie : sauver son fils du radicalisme…

    Hakim, le fils, pourrait être l’un de ces jeunes gens qui, rejetés, préfèrent s’opposer : « Vaniteux et se cherchant de nouvelles parentés. Tout le problème de son genre est qu’il n’a pas une histoire. Une histoire à laquelle s’adosser, dans laquelle il pourrait puiser des variantes, un mythe pour sa vie, une croyance. Il n’a aucun récit valable pour sa vie et sa mort et son corps. Il ne peut pas s’insérer dans un conte ou une narration, un roman, un feuilleton. Il ira donc se proposer à la théo-fiction de son époque. Se prétendre porteur d’u ordre ou d’une mission pour corriger le monde autour de lui, s’offrir un suicide collectif qui atténuera le sien propre. » (Kamel Daoud, Le peintre dévorant la femme.)

    Donner un sens à sa mort,  à défaut de pouvoir  donner un sens à sa vie. Hassam Ghancy et Leïla Guérémy forment un couple parental apaisé, des référents à la dignité émouvante, qui se soucient des leurs et des autres. Eliott Lerner joue les compagnons de jeu et les conseillers pédagogiques. Joël Ravon incarne plutôt les figures tutélaires d’autorité. Hakim Djaziri lui entre à plaisir dans un rôle de jeune subversif, et Vanessa Callhol apparaît à la fin, ponctuant l’épisode avant d’initier le second. Un récit mis en lumière par une lecture incisive et une parole engagée, avec une volonté d’en découdre  pour convaincre le public.

    Les 3000 – épisode 2 : Audrey, le carnet d’abîmes d’une convertie, d’Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defait.

    ©REUTERS/Benoit Tessier
    ©REUTERS/Benoit Tessier


    A la maison d’arrêt de Versailles, Audrey est assaillie par ses pensées. Elle revoit son enfance à Ambeyrac, un petit village aveyronnais de 180 habitants, dans une  grande maison familiale où elle a grandi entourée de ses parents et ses dix «frères et sœurs » de la D.A.S.S. Elle revoit leur divorce, son déménagement à Lyon, son incapacité à s’accoutumer à une nouvelle vie, son mal-être et sa rencontre avec l’islam qui lui offre, un temps, la paix qu’elle cherchait.

    Le château d'Ambyerac Photo X
    Le château d’Ambyerac
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    Audrey va finalement basculer dans la radicalisation après avoir rencontré Maeva, une « marieuse » pour la cause de Daesh. Ce qui la fera embrasser l’idéologie mortifère portée par l’extrémisme islamiste. A la croisée des chemins, Audrey va céder à la haine et devient djihadiste mais ne peut se résoudre à être une de ces « houris », ces très belles femmes destinées par le Coran aux musulmans fidèles qui accéderont aux Paradis.

    Citons encore Kamal Daoud, (Le Peintre dévorant la femme). « La maladie, la pathologie, c’est quand on inverse l’ordre de la quête dans les récits. C’est alors que l’amant, pour pouvoir jouir, tue la femme, détruit le château, se transforme en monstre, casse la couronne de l’homme et défenestre ses enfants, juste pour accélérer le temps, encourager le néant à faire table rase et à précipiter le Jugement dernier. Ainsi, assouvi, il ira jouir non de l’amour, mais de son émiettement en butins et esclaves dans le Paradis. Ce n’est plus une quête, c’est un mercenariat ! L’érotisme retombe dans l’ordre de l’obéissance à un Dieu et perd son panache… »

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    Le public voudrait en savoir plus mais devra attendre la suite de cette série…Vanessa Cailhol est une Audrey lumineuse, jeune fille de son temps, paradoxalement décidée et insatisfaite, énergique, habitée par sa foi authentique, pour la vie d’abord, malgré son incapacité à en cerner les contours. Vanessa Bettanne joue la mère et les amies- musulmanes modérées ou extrémistes – de sa fille, avec justesse. Florian Chauvet incarne tous les jeunes gens :  ami, époux, ennemi…  avec élan, et assurance. Ces deux premiers épisodes des 3000 ont un rythme tendu, et dialogues et commentaires acérés font mouche.

     Véronique Hotte

    Spectacle vu au Théâtre 13/ Seine, rue du Chevaleret, Paris (XIII ème)  le 2 juillet.

    Création des autres épisodes :

    Le n°3 : Souleymane – 2005, au cœur des émeutes,  texte et mise en scène d’Hakim Djaziri  et le n° 4 : Safiah – l’émancipation d’Hakim Djaziri, mise en scène de  Quentin Defalt : juin 2022.

    Le n°5 : Nassim – l’engendrant égaré d’Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt et le n°6 : Karina-première imam de France , texte et mise en scène d’Hakim Djaziri : juin 2023.

    Le n°7 : Honoré – De la rue au soufisme, texte et mise en scène d’Hakim Djaziri et le n° 8 : Sarah – le dernier combat d’une boxeuse d’Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt : juin 2024.

    Le n°9 : Yahia – l’héritage d’une éducation genrée d’Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt  et le n°10 : Zohra -l’histoire de mère courage, texte et mise en scène d’Hakim Djaziri : juin 2025.

     

     

     

  • ‘Emmanuel Demarcy-Mota

    Ionesco Suite, mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota

     

    Parole tenue : au studio de l’Espace Pierre Cardin réouvert (voir Le Théâtre du Blog), Emmanuel Demarcy-Mota et toute  l’équipe du Théâtre de la Ville ont invité le public, après quarante huit heures de folle veillée poétique, à trois soirées Ionesco. Un auteur qui ne lâche pas ce metteur en scène depuis le lycée et depuis 2004 quand il a adapté et mis en scène Rhinocéros: inanité du langage, vide des relations sociales, le tout sur fond de férocité et drôlerie… Et Ionesco n’y va pas avec le dos de la cuiller! Emmanuel Demarcy-Mota, non plus et il a raison. Ses neuf fidèles comédiens de différentes générations, se donnent tout entiers à ce montage de textes, lui-même acrobatique qu’il avait brillamment réalisé au Théâtre des Abbesses il y a quelques années (voir Le Théâtre du Blog). Dans une mise en scène simple et efficace : de leurs chaises, au « lointain » de la scène mais proche de nous :on est au Studio de l’Espace Pierre Cardin dans  un dispositif tri-frontal , les acteurs s’élancent pour jouer une scène de Jacques ou la soumission, de Délire à deux qu’ils interprètent à six, ou des extraits de La Cantatrice chauve  et bien sûr, de La Leçon  mais aussi des succulents Exercices de conversation et de diction française pour étudiants américains. Avec même peut-être une peu de l’Avenir est dans les œufs, le tout lié par une fête de mariage forcément parodique et catastrophique avec gâteau à la crème comme arme de guerre. Des gens affreux, sales et méchants.

     

    Ionesco suite Photo X
    Ionesco suite
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    On imagine ce qu’aurait pu donner une mise en scène à la Harold Pinter, digne, propre sur soi mais tout aussi drôle et cruelle. Mais ici, le choix du trop est le bon. Ça bouscule, ça secoue et le théâtre est là pour ça, dans un entrelacement subtil entre bonne soirée, franche rigolade et dérangement. Un trouble propre au théâtre d’Eugène Ionesco ! Tout d’un coup, on se souvient de Tsilla Chelton qui a tellement de fois joué Les Chaises ou du tout jeune Jean-Louis Trintignant dans Jacques ou la Soumission. Nous, les enfants d’alors, avions rapporté à la maison la chanson d’après boire, retrouvée avec délice: «Un ivrogne charmant/ chantait, à l’agonie/Je n’ai plus dix-huit ans/Mais tant pis, i, i, e. » Où l’on voit qu’il est bon d’emmener les enfants au théâtre.

    On vous raconte cela pour que vous ayez envie d’aller voir Ionesco suite, mais on ne sait encore où les représentations auront lieu… Le spectacle conçu pour être joué partout, le sera effectivement. Cet exercice collectif où les acteurs vont au bout d’une clownerie féroce, a été, après sa Veillée, un premier cadeau du Théâtre de la Ville au public dé-confiné. Ce  travail dit l’importance du public. Pas en nombre puisque assis dans une petite salle, et «distancié » (enfin, pas trop…) mais regardant des acteurs bien présents, au jeu intensifié par la proximité du plateau. À théâtre vivant, public vivant. Tout le public était invité, ce que ne permet pas en général l’économie d’un lieu. Mais compte ici cette façon de dire en actes « Vous êtes chez vous ». Une façon, aussi, pour les gens de théâtre de laisser un peu de côté la tentation de l’arrogance. Et de (se) donner le plaisir des reprises, comme ce dernier week-end de juin consacré à Albert Camus.

    Main tendue aux spectateurs privés de spectacle pendant trois mois : durant la première semaine de juillet, il y aura, pour tous et en famille, de belles reprises de pièces à dix euros seulement , dans le prolongement de cette première ouverture…

    Christine Friedel

    Théâtre de la Ville, Espace Pierre Cardin, avenue Gabriel, Paris (VIII ème). T. : 01 42 74 22 77. theatredelaville-paris.com

  • Que voir maintenant et cet été ?

    Que voir maintenant et cet été ? (A suivre)

     Une interrogation que nous entendons souvent chez nos amis mais nous n’en savons guère plus qu’eux et chacun attend plutôt la rentrée. Comme vous le savez, tous les grands festivals pour des raisons sanitaires évidentes, ont été annulés. Restent quand même quelques autres manifestations… Vous trouverez bien à grappiller quelques spectacles et Le Théâtre du Blog vous tiendra régulièrement informés de l’actualité des spectacles dans toute la France et même, ce qui est exceptionnel, à Paris. On peut toujours rêver -surtout en ces temps de restrictions budgétaires)- mais il serait en effet grand temps que la capitale ait quelques grands théâtres ouverts pendant la période estivale. C’était le projet auquel tenait beaucoup Jérôme Savary quand il avait été nommé directeur du Théâtre National de Chaillot il y a déjà trente-deux ans mais il avait vite rétro-pédalé, vu le coût en termes d’emplois !

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    Il y aura d’abord la vingtième édition du festival de Figeac dont Marcel Maréchal, récemment décédé, fut le directeur… Dans cette charmante petite ville du Lot, est né le grand Champollion et où vous pouvez y voir une œuvre de l’artiste américain conceptuel américain Joseph Kosuth (soixante-quinze ans) à qui on l’avait commandée pour célébrer le bicentenaire en 1991 de la naissance du grand égyptologue. La célébrissime pierre de Rosette (112 cms x 75 cms) exposée au British Museum à Londres comporte trois versions: en hiéroglyphes, en langue démotique égyptienne et en grec ancien d’un décret de Ptolémée V en 196 av. J. C. Ce qui a donné la clé pour déchiffrer les fameux hiéroglyphes… Et Joseph Kossuth a eu l’idée d’en faire un agrandissement en pierre noire et de l’encastrer dans le sol pavé d’une petite place moyenâgeuse. Sur le mur d’une maison, juste le titre de l’œuvre et de l’artiste… Une œuvre d’une rigueur absolue et de toute beauté. La vingtième édition de ce festival dirigé par Véronique Do aura bien lieu du 24 au 28 juillet mais avec un programme plus léger qui va être publié. Représentations seulement en plein air et avec certains des artistes invités. Reste, si on a bien compris, à obtenir l’autorisation définitive de la Préfecture du Lot…Mais alors, pourquoi Le Puy du Fou et pas Figeac? Informations et réservations:  : 05 65 38 28 08

     

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     Théâtre de la Ville-Espace Cardin à Paris: cinq spectacles tout public: une reprise des  Séparables (voir Le Théâtre du Blog) et d’Alice traverse le miroir de Fabrice Melquiot, Venavi ou pourquoi ma soeur ne va pas bien de Catherine Verlaguet, Udo complètement à l’Est de et par La Cordonnerie. Et une création de David Lescot J’ai trop d’amis. Tarif unique:  10 € et gratuité pour les moins de quatorze ans et le personnel soignant. Et aussi en juillet, des concerts dans le jardin, des consultations poétiques, musicales et dansées. Et en août, une académie Santé-Culture.

     

    Le Festival Paris l’été aura lieu du  29 juillet au 2 août, des spectacles au lycée Jacques Decour (XVIII ème)

    « Avec d’abord, A game of you de la compagnie flamande Ontroerend Goed dirigée par Alexander Devriendt et qu’on avait pu voir au festival d’Avignon. Une pièce de théâtre  sans public mais avec un jeu-promenade dans un labyrinthe… Gouâl, un spectacle de danse par la compagnie Filipe Lourenço où le chorégraphe veut sortir les danses traditionnelles maghrébines du folklore commercial. Mais aussi des lectures : Une lecture de Nos rues par Thomas Quillardet  et de Je ne serais pas arrivée  là si… par Judith Henry et Julie Gayet. Puis un spectacle du magicien Yann Frisch et J’ai trop peur de David Lescot.

    Les Filles du Renard Pâle Photo X
    Les Filles du Renard Pâle
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    Du cirque en famille avec Clownstrum de Louis Arène et Lionel Lingelser ou avec  Instable de Nicolas Fraiseau. Cet acrobate joue avec un mât chinois auquel il réussit à donner une vie propre. Sans chercher à triompher de la gravité… Et il y aura aussi des équilibristes avec la compagnie des Filles du Renard Pâle. Il y a aura aussi des Concerts flottants, du Pont de l’Alma, jusqu’au pied de la BNF avec Dakhabrakha et Djazia Satour Programme détaillé en ligne à partir du 1er juillet; entrée libre mais sur réservation en ligne à partir du 8 juillet.

    Le Théâtre de la Colline: reprise de Littoral, texte et mise en scène devenus rapidement cultes de Wajdi Mouawad.  « On a tous besoin d’un miracle. Vous, les vieux, vous l’avez eu votre miracle, il y a longtemps, puisque vous avez connu le pays avant la guerre, mais moi, je suis née dans les bombes, mais je suis sûre que la vie, c’est autre chose que des bombes, que ça peut être autre chose, mais je ne sais pas quoi…

    © Christophe Raynaud de Lage
    © Christophe Raynaud de Lage

    Du 7 au 18 juillet mais relâche les 12 et 14 juillet.Innovation! tarif unique à 15 € et 10 € pour les moins de trente ans, gratuité pour les lycéens. Billets à réserver avec le Pass culture à invitations@colline.fr sur présentation de la carte de scolarité.

      Paris OFF Festival au Théâtre 14

     Avec quinze propositions  du 13 au 18 juillet au Théâtre 14 et au Gymnase Auguste Renoir…dans le XIV ème. « L’annulation du Festival d’Avignon notamment va avoir des conséquences redoutables pour de nombreuses compagnies, disent  Mathieu Touzé et Édouard Chapot, les directeurs du Théâtre 14. Ce temps d’exposition est en effet primordial en terme de diffusion et de rencontres professionnelles. Devant cette situation,  nous avons proposé une solution concrète aux compagnies et aux équipes qui les accompagnent et nous avons voulons faire renaitre l’envie du public de retourner dans les salles. Ces spectacles qui étaient initialement programmés en Avignon: au Train bleu, à Artéphile, au Théâtre de l’Oulle, au 11, au Théâtre Transversal, et au Théâtre des Brunes, auront ainsi l’occasion d’être présentés plusieurs fois.  » Nous travaillons aussi à tout mettre en œuvre pour organiser la rencontre entre les artistes et les programmateurs. Avec des partenaires comme l’ADAMI, la Ville de Paris, la S.A.C.D. et des soutiens comme la Mairie du 14ème et l’ O.N.D.A. Sont, entre autres, programmés: La Cicatrice d’après La Cicatrice de Bruce Lowery, mise en scène de  Vincent Menjou-Cortes , avec Vincent Menjou-Cortès,  (à partir de douze  ans), Un seul en  scène-acte de contrition où sont convoqués  nos monstres du passé.

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    Le Cas J © Simon Gosselin

    Le cas Lucia J. (Un Feu dans sa tête) d’Eugène Durif, mise en scène d’Eric Lacascade (à partir de seize ans au Gymnase. Une pièce avec Karelle Prugnaud et Eugène Durif sur la relation entre l‘écrivain James Joyce et sa fille Lucia qui apprend la danse auprès de chorégraphes importants de son époque puis abandonne et tombe amoureuse du jeune Beckett, assistant de son père, qui la rejette. Elle sera soignée par de nombreux médecins dont Jung, puis internée définitivement. LE 32, Cabaret de curiosités, conception : La Big Bertha, Philippe d’Avilla et Ariane Carmin (à partir de dix  ans), musiques de Philippe d’Avilla et Ariane Carmin. Entre humour, danse, effeuillage burlesque, drag-queen, et chansons. Théâtre 14 avenue Marc Sangnier Paris ( XIV ème). T. : 01.45.45.49.77 contact@theatre14.fr

    Prix libre et solidaire Réservation obligatoire www.theatre14.fr / 01.45.45.49.77 / billetterie@theatre14.fr Gymnase Auguste Renoir 207 rue Raymond Losserand 75014 Paris Métro Porte de Vanves Bus 59 / 85 Tram 3 – Porte de Vanves Velib : 14024 / 14122 / 14122et le Théâtre 14 20 avenue Marc Sangnier 75014 Paris Métro Porte de Vanves Bus 59/95 Tram 3 – Didot Velib: 14106 / 14122.

    Le  Kiosque photo X
    Le Kiosque photo X

    Le Théâtre National de Nice, dirigé maintenant par Muriel Mayette-Holt, ancienne administratrice de la Comédie-Française, restera ouvert comme celui de Marseille, avec quelque trente-cinq lectures et spectacles en plein air et gratuits…  Un rendez-vous quotidien Promenade des Arts entre le 1er juillet et le 22 août, avec des artistes du territoire niçois qui viendront jouer avec le public et lui faire entendre de grands textes ou des mélodies connues ou à découvrir… Création le 1er juillet à 19 h de: Contes d’apéro avec Bande-annonce Goldoni, texte et mise en espace d’Édouard Signolet avec quatre des six comédiens de la troupe, d’après la trilogie des Aventures de Zelinda et Lindoro de Carlo Goldoni.

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    L’abbaye vue d’avion ©studio-john-leroux

    La Mousson d’été-Rencontres théâtrales internationales et Université d’été européenne aura aussi bien lieu à l’abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson du 21 au 27 août. La Mousson a inclus dans son dispositif une structure universitaire  des ateliers de recherche, ce qui permet à des étudiants, des enseignants et des professionnels d’échanger réflexions et d’expérimenter leurs intuitions sur un texte sous un angle théorique et pratique à la fois. Le matin de 9h 30 à 12h 30 et avec  cinq groupes de quinze  à vingt  personnes dirigés  respectivement par Jean-Pierre Ryngaert, responsable du programme pédagogique de l’Université d’été, Joseph Danan, Nathalie Fillion, Pascale Henry et Helena Tornero.

    A partir de 14h, chaque jour, six auteurs et des espaces de rencontres entre les auteurs, leur traducteur, le public et les stagiaires de l’Université. Et de 16h à 17h 30 ont aussi lieu conférences, tables rondes et chaque jour à 13h, déjeuner informel avec un auteur.

    Abbaye des Prémontrés, 9 rue Saint- Martin, 54700 Pont-à-Mousson du  21 au  27 août. T. : +33 0)3 83 81 20 22. festivaldelamousson@gmail.com www.meec.org/la-mousson-dete/universite-dete/

     

    La Criée  photo X
    Théâtre de La Criée photo X

     La Criée à Marseille, Théâtre National  restera donc lui aussi ouvert. Macha Makeieff avec le soutien de mécènes comme la compagnie maritime Marfret, offre déjà depuis le 8 juin et pendant l’été, des ateliers artistiques aux jeunes marseillais.Tous gratuits et proposés aux associations, aux écoles et collèges. «La fragilisation qui guette, dit Macha Makeieff,  ne sera pas seulement celle des institutions, compagnies, artistes et des techniciens du spectacle, elle aura été comme un trou noir pour les habitants en situation de précarité. Les enfants les plus pauvres de Marseille auront été coupés de toute approche de culture, littérature et art, et pour certains, aussi de langue. Cela aura été un coup d’arrêt et un douloureux abandon, un risque de décrochage scolaire et social. Le Théâtre doit être ce lieu républicain de la Culture dans la cité : il entrera dans leur vie, sera un repère, ils en sauront le chemin. »

    Les enfants, adolescents et jeunes adultes pourront découvrir la Criée où auront lieu des ateliers de théâtre, poésie, langue, conte, danse, arts plastiques, éducation du goût… mais  aussi la machinerie scénique, les lumières, le jeu théâtral. « Un atelier philo permettra à chacun d’avoir une réflexion sur le sens de l’existence ». Mais il y aura aussi des échanges avec des artistes au parcours de fidélité et d’excellence dans ce théâtre comme Laurent Daycard, Lamine Diagne, Valérie Dufayet, Julie Villeneuve, Francis Coulaud, Geoffroy Rondeau, Marie-Jo Ordener… Le but: que ces jeunes s’approprient davantage la Criée comme lieu poétique et avec cette opération inédite, sera aussi offert un travail rémunéré aux artistes et régisseurs intermittents, au jeune personnel d’accueil. Ce qui,  actuellement et surtout à Marseille, n’est pas un luxe…

    Service des Relations avec le Public: Julie Nancy-Ayache pour les associations, centres sociaux: 04 96 17 80 30 j.nancy-ayache@theatre-lacriee.com et Laura Abécassis pour les établissements scolaires: 04 96 17 80 21 l.abecassis@theatre-lacriee.com.

    Fake © Christophe Raynaud de Lage
    Fake © Christophe Raynaud de Lage

    Festival Musica à Strasbourg du 17 septembre au 3 octobre dirigé par Stéphane Roth avec des créations musicales: Fake, adaptation d’Henrik Ibsen par Wilfried Wendling avec les percussions d’Abbi Patrix, et Anne Alvaro, Parvis de l’Opéra du Rhin, les 18, 19 et 20 septembre. Solveig (L’Attente), création mondiale d’après Peer Gynt d’Ibsen,mise en scène de Calixto Bieito, texte de Karl Ove Knausgaard, du 19 au 23 septembre, Opéra National du Rhin. Puis Encyclopédie de la parole, Suite n°4, création mondiale d’Ictus conçu et mis en scène par Joris Lacoste, musique de Pierre-Yves Mace, le 25 septembre et Aria da Capo, création de Séverine Chavrier du 30 septembre au 4 octobre, au Théâtre National de Strasbourg.

    Festival Musica 1 place Dauphine 67100 Strasbourg, contact@festivalmusica.fr. T. : +33 (0)3 88 23 46 46 https://festivalmusica.fr

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    Alpinisme-horizontal sur la plage en 2019: reconstruction de Notre-Dame
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    Et petit rappel, Le festival Humour et Eau salée à Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime) sous la houlette de Denis Lecat dont nous vous avions déjà parlé en mai dernier. Il aura bien lieu mais dehors, du 1er au 7 août, sur le thème Musique et Bricolage. Avec entre autres, l’excellente Emma la clown (voir Le Théâtre du Blog),  Jazzigitos, etc. Mais aussi La Fanfare d’occasion, une troupe protéiforme réunissant musiciens, danseurs, comédiens…

    136 boulevard de la Côte de Beauté, Saint-Georges de Didonne. T. : 05.46.06.87.98. (nombreux spectacles gratuits).crea@crea-sgd.org www.crea-sgd.org

    Chapelle du Verbe Incarné Photo X
    Chapelle du Verbe Incarné
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    Radio TOMA Et enfin une dernière pour la route… Si le confinement ne vous pas rendu allergique aux écrans, vous pourrez, faute d’aller cette année à la Chapelle du Verbe Incarné haut lieu du Off à Avignon, vous connecter à Toma  20 :   » Si les Outremers ne peuvent venir à la Chapelle du Verbe Incarné, La Chapelle du Verbe Incarné ira aux Outremers ! » Un festival entièrement numérique (voir le Theâtre du blog)Nous vivons une époque moderne!  comme  Philippe Meyer concluait autrefois ses chroniques à France-Inter…

    Programme complet et accès à Radio TOMA et à TOMA TV dès le 3 juillet.  www.verbeincarne.fr  

    Philippe du Vignal