Revue d’Histoire du Théâtre, Le Théâtre en voyage Une histoire des tournées internationales

Revue d’Histoire du Théâtre, Le Théâtre en voyage Une histoire des tournées internationales
Créée en 1948, cette revue dont le directeur de publication est Clément Hervieu-Léger, administrateur de la Comédie-Française, parait semestriellement, soutenue par la Direction Générale de la Création Artistique au Ministère de la Culture et par la Bibliothèque nationale de France. Les numéros  sont disponibles en version papier depuis 48 et depuis 2010, en numérique, par article ou de dossier. Depuis trois ans, les contenus  en sont élaborés à partir de thématiques  en lien avec les préoccupations du spectacle, en faisant dialoguer des questions actuelles avec leur histoire.
Au Vieux-Colombier, a eu lieu une table ronde avec Megan Estela, historienne, doctorante ;
Jean- Claude Yon, historien, directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes qui ont coordonné ce numéro sur les tournées internationales, Olivier Giel, délégué général aux productions à la Comédie-Française et son, administrateur général,  Clément Hervieu-Léger; président de la société d’Histoire du théâtre et Joël Huthwolh, directeur des arts du spectacle à la Bibliothèque Nationale modérateur de cette table ronde.

Clément Hervieu-Léger a montré à quel point les tournées ont toujours eu une importance capitale dans l’histoire socio-politique et diplomatique, surtout à partir du XIX ème où les troupes vont plus facilement en Europe. Puis, en Afrique du Nord,  Amérique du Nord et du Sud comme celle sur plusieurs années de Louis Jouvet, voire dans les pays de l’Océan Indien, jusqu’en Océanie.  

Dans un article aussi brillant que documenté, Olivier Giel raconte comment il a travaillé à la Comédie-Française de 72 à 2023. Il y a créé le Département des productions audiovisuelles. Il s’occupa ensuite en 86  des tournées et rappelle que depuis 1871, le Français en a fait dans cinq continents et plus de quatre-vingt pays. Entre autres, à l’Exposition internationale de Barcelone en 29, l’année suivante  à Genève dans le cadre de la Société des Nations. En 38, officiellement en Égypte pour jouer durant le mariage du roi Farouk.Anne de Amézaga travaille depuis 2001 avec la compagnie Louis Brouillard-Joël Pommerat où avec elle toute une équipe s’occupe des tournées internationales. Elle dit ici toute l’importance qu’il y a pour une compagnie et pour le théâtre en général de mieux produire et de mieux diffuser en France comme à l’étranger. Et les spectacles de Joël Pommerat-on ne le sait pas assez- ont été joués en Argentine, Roumanie, souvent au Portugal, à Taïwan, aux Etats-Unis, ce qui nécessite en amont un important travail de sur-titrage fait en interne fait par un traducteur qui est aussi comédien, ce qui est essentiel. Ça ira (1) Fin de Louis a été joué dans au moins quinze pays! Et ses textes ont été traduits en une quarantaine de langues- fait assez rare pour un auteur franç
En mars 1940, dans les Balkans, en mission diplomatique, puis  en Union Soviétique en 1954. En 88, lors de la programmation culturelle des Jeux Olympiques de Séoul et elle ira jouer pour la première fois, après des ennuis de décor en Australie pour le  bicentenaire. En 88, quatre comédiens vont jouer Charles Péguy au Vatican.En 2008,  dans les dix nouveaux pays entrant dans l’Union européenne et deux ans plus tard à Bagdad  pour jouer à l’Institut français d’Irak et à l’ambassade de France à Ryad en Arabie Saoudite.

Mais Olivier Giel  reconnait que le ministère des affaires étrangères et le Instituts Français n’ont plus les mêmes moyens pour offrir des tournées «clé en main» à de grandes compagnies, la Culture est moins une monnaie d’échange. Mais la Comédie-Française maîtrise mieux la logistique des voyages; transports, hébergement, réceptions, communication presse, surtitrage désormais systématique, la communication et les problèmes liés à l’alternance:  les dix comédiens (en moyenne) d’une tournée ne pouvant plus jouer à Paris durant un ou plusieurs mois. Et il faut environ deux ans de préparation, négociations, échanges techniques: décors ,  technologies numériques, lumière, son,  vidéo. Et la diffusion des productions de la maison (tournées et audiovisuel) ne peut être déficitaire.
Le  dépaysement et la présentation des créations hors-les-murs sont toujours féconds pour les acteurs, les équipes techniques. Ce qu’avait  aussi bien vu le grand metteur en scène Lugné-Poé et qui raconte quelques furent ses tournées dans un article paru il y a un siècle… Et Pauline Carton qui dans son autobiographie (1938) parle avec humour des vingt-deux spectacles  quand elle allait jouer dans les « colonies ».
Un numéro aux notes en trop  petits caractères et trop abondantes mais riche, entre autres de documents savoureux comme ces photos d’une tournée en 1954,de la Comédie-Française en U.R.S.S….   

 Philippe du Vignal

Revue d’Histoire du Théâtre n° 302  B.N.F.  24 €

 


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