Le Secret des ombres de Grégory Bellanger, mise en scène de Léa Marie-Saint-Germain et Adrienne Ollé

 Le Secret des ombres de Grégory Bellanger, mise en scène de Léa Marie-Saint-Germain et Adrienne Ollé

 Une pièce née d’une recherche de l’auteur et comédien qui, un jour, s’est intéressé au passé de son grand-père. Grâce à une photo retrouvée, Christian va découvrir à la mort de son père qu’il a appartenu à un des premiers organismes de résistance, celui du Musée de l’Homme à Paris. Né  après l’armistice signé par le maréchal Pétain en juin 40 et l’appel du général de Gaulle  à Londres. Notamment grâce à Paul Rivet, fondateur du Musée en 37 et à son équipe qui étaient déjà très anti-Pétain. En juin 1940, un premier groupe d’opposition au régime de Vichy et au nazisme,  a été créé par Yvonne Oddon (bibliothécaire), Boris Vildé et Anatole Lewitsky, ethnologues d’origine russe.  Il comptera cent membres qui travailleront en réseau à l’évasion de prisonniers grâce à de faux certificats de maladie et au recrutement de passeurs, à la propagande  avec des journaux clandestins,  et à la collecte d’informations transmises à Londres. 

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Au grand hôtel Lutétia  -juste à côté de cette salle,où de Gaulle, après la guerre, prononça un discours sur les Droits de l’homme- l’Abwehr, allemand, traitait les renseignements  recueillis par des agents infiltrés dont Albert Gaveau, mécanicien, homme de confiance de Boris Vildé qui  dénoncer ces résistants dont plusieurs seront arrêtés dès février 41. En 1942, Jules Andrieu, Georges Ithier, Anatole Lewitsky, Léon Nordmann, René Sénéchal, Boris Vildé et Pierre Walter sont fusillés au mont Valérien. Germaine Tillion, elle, sera déportée au camp allemand de Ravensbrück.

Christian va donc se lance dans une enquête pour en savoir plus sur ce père mal connu en cette période tragique de la France où les secrets, plus de quatre-vint ans après, pas encore tous découverts, polluent encore la vie de certaines familles où ont parfois vécu à la fois collabos notoires et résistants. Grégory Bellanger, Clara Leduc, Léa Marie-Saint-Germain, Bastien Spiteri, Marjorie Ciccone, Steven Dagrou et Laurent Dubesset (en  alternance) sont cinq  pour essayer de faire revivre cette tragédie.

Cela donne quoi?  Malheureusement,  pas grand chose de bien fameux… L’histoire est intéressante mais ces scènes-flashs cinéma (parfois à peine une minute) nous ont laissé indifférent. L’auteur nous balade entre présent et passé et, à chaque fois, les acteurs procèdent à un réaménagement laborieux de gros cartons pour figurer un bureau, une voiture, etc.  mais, sauf à de rares moments, mal dirigés, peinent à convaincre. Et on se demande bien pourquoi les metteuses en scène les font jouer en permanence dans une lumière crépusculaire… Pour faire tragique? On n’échappera pas à la bouffée de fumigène conventionnelle dans les spectacles actuels! Bref, un spectacle impossible à recommander.
Enfin, il y a dans le foyer, une belle affiche du T.N.P. alors dirigé par Jean Vilar qui, le temps de quelques saisons, avait pu avoir cette seconde salle. Il y a aussi une photo de la mise en scène de La Bonne âme de Se-Tchouan de Brtolt Brecht qu’en 1960, André Steiger, metteur en scène suisse, y avait créée avec succès et que nous avions vue. Là aussi le passé et le présent dans cette salle entièrement refaite…

 Philippe du Vignal

Théâtre Juliette Récamier,  3 rue Juliette Récamier,  Paris (VI ème)


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