La Mort de Jean-Marie de Balma, texte de Vincent Guédon, conception et mise en scène de Pascal Kirsch
Au centre de la scène tri-frontale, une grande table avec livres et revues soigneusement rangés, bibelots et souvenirs; côté jardin, le cadre d’un piano à queue dont le musicien Alvise Sinivia pincera les cordes et côté cour, un gros magnétophone avec une bande circulant à un moment sur le dos d’une chaise. Derrière un carré au sol noir, absolument nu et au plafond en polyester diffusant une lumière blanche, puis rouge…

De l’auteur Vincent Guédon, une lettre non signée de lui et adressée à Jean-Marie, son frère aîné paraissait dans le numéro 1 du magazine L’Impossible. Une lettre que lit d’abord Vincent (Yann Boudaud)….
Ce frère aîné s’est un jour volatilisé: il a quitté la maison familiale aux volets bleus et n’a revu ni ses parents ni ses deux frères. En France, chaque année, plus de 50.000 personnes dont 10.000 mineurs; la majorité est retrouvée mais certaines ne réapparaissent jamais. Comme Jean-Marie, qui, lui, n’a jamais donné aucune nouvelle. Vincent lui après bien des recherches, finira par savoir qu’il a vécu à Balma, dans un foyer au Sud de la France, et qu’il y est mort très seul… Son corps a été retrouvé seize mois après son décès!
Son jeune frère cherchera à percer le mystère de cette disparition et quelle a été la fin de vie de Jean-Marie qui, très secret, ne parlait à personne. Obsédé par cette histoire énigmatique arrivée à cet homme qu’on verra, grande silhouette fantomatique très impressionnante (Jonathan Genet) errer sur la scène en disant quelques phrases. Pourquoi avait-il quitté sa famille? Comment est-il arrivé ici? Pourquoi personne n’avait vu que sa boîte à lettres restait bourrée de lettres et ne s’était aperçu de son absence? Des questions qui resteront sans réponse…
Vincent rencontrera la jeune femme (formidable Catherine Vinatier), gestionnaire depuis peu de ce foyer social. Très à l’écoute, elle avait un peu connu Jean-Marie, lui parlait avec bienveillance et était sans doute la seule personne à qui il adressait un sourire. Comme Vincent, le public va s’attacher à cet homme disparu, comme s’il était un de nos proches… Et la mise en scène de Pascal Kirsch, comme toutes celles qu’il faites ( voir Le Théâtre du Blog) est à la fois d’une rigueur et d’une poésie exemplaires.
Le thème est passionnant mais le texte, à part le formidable dialogue entre Vincent et la gestionnaire, est inégal et assez bavard (une heure quarante-cinq!) et mériterait d’être resserré… Et nous n’avons pas bien compris le pourquoi de cette scène pléonastique où, à la fin, des médecins légistes en combinaison blanche interviennent. Mauvais signal: les collégiens assis côté cour, ont vite décroché et ont à peine applaudi… Un spectacle à voir surtout pour le jeu des acteurs et la mise en scène impeccable de Pascal Kirsch.
Philippe du Vignal
Jusqu’au 18 octobre, Théâtre de la Tempête, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ de manœuvre. métro : Château de Vincennes +navette gratuite.T. : 01 43 28 36 36.
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