À l’unisson, chorégraphie de Jooyoung Lee avec la compagnie Moodae’hui
La chorégraphe explique d’abord le titre de cette œuvre qui s’inspire d’une danse coréenne traditionnelle en cercle, la Ganggangsullae qui a certaines similitudes avec les danses folkloriques françaises, telle la farandole.
Dans le cadre des Chuseok (les fêtes des moissons), la chorégraphe-danseuse et ses quatre interprètes occupent la cour khmère du musée Guimet, avec une danse festive et participative qui s’harmonise parfaitement avec les sculptures du lieu, quelle que soit leur époque et leur esthétique. Une initiative de liberté, au moment où on célèbre aussi les cent-quarante ans de relations diplomatiques entre Corée et France, et tout à fait la bienvenue dans une ville que paralyse la venue de Léon XIV !

Le spectacle débute assez lentement avec trois danseuses et deux danseurs habitant l’espace avec respect, comme dans une église.
Les divinités-sculptures de cette cour intérieure semblent les observer. Tous vêtus de blanc, les artistes se croisent, se découvrent, se touchent, puis se donnent la main. Certains initient quelquefois une danse personnelle dans un petit espace sur le côté de la cour et poursuivent cette occupation bienveillante, en se réunissant dans une farandole et une ronde joyeuse. Le rythme s’accélère: cette danse sérieuse, codifiée et solennelle, laisse place à une autre, plus festive avec certains mouvements improvisés mais les artistes restent à l’écoute les uns des autres.
En même temps, ils observent les spectateurs et les invitent à venir se joindre eux: une belle communion des corps va progressivement animer le lieu. Un spectacle comme entre parenthèses à aller vraiment découvrir, s’il est repris…
Jean Couturier
Spectacle vu le 26 septembre, au musée Guimet, place d’Iéna, Paris (XVI ème).
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