Haribo Kimchi, conception, texte, mise en scène, musique, son et vidéo de Jaha Koo

Festival d’Avignon 

Haribo Kimchi, conception, texte, mise en scène, musique, son et vidéo de Jaha Koo

Ce spectacle qui avait été joué il y a quatre ans au Théâtre de la Bastille à Paris (voir Le Théâtre du Blog)  n’a rien perdu de sa fraîcheur. « Je crée, dit cet artiste, des performances qui intègrent la vidéo, le son mais aussi le goût, l’odorat et le toucher, notamment dans Haribo Kimchi. Le titre de cette pièce?  Le nom  de la célèbre marque de bonbons allemands et celui d’un plat traditionnel coréen. »
Jaha Koo vit depuis quinze ans à Gand (Belgique) et parle ici avec délicatesse et poésie, du déracinement. Sans aucun doute, une des plus belles découvertes de ce festival. Une petite échoppe au toit rouge, au milieu du plateau couvert de voiles, avec un écran pour une vidéo: nous sommes plongés dans la mégapole qu’est Séoul: appartements de luxe, bureaux, petites ruelles commerçantes… pour arriver à cette échoppe où  comme au Japon, les employés de grandes entreprises vont se détendre.

© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage

Le créateur d’Haribo Kimchi invite deux spectateurs à déguster une soupe froide aux algues et des galettes de kimchi qu’ il a préparées devant nous et qu’il offrira aussi à tous à la fin du spectacle. Une voix off va raconter le passé de Jaha Koo, soutenue par des vidéos qui nous font vivre son parcours d’exilé.
Il nous parle avec tendresse de sa grand-mère qui lui avait préparé dix kgs de kimchi! avant qu’il s’installe d’abord à Berlin. Cette même voix nous conte le racisme ordinaire auquel il a été confronté à la gare de Bruxelles: le guichetier lui avait dit qu’il sent l’ail!
Jaha Koo évoque ici le déracinement et la solitude dans un texte dit en voix off et des chansons. Il donne ainsi la parole à ses amis de son quotidien: un escargot, un petit ours gélifié Haribo, une anguille télécommandée qui se promène sur le plateau (un animal symbolique en Corée ). Une manière de se sentir moins seul…
Et la chanson finale est pleine d’espoir, « Je suis en transit, je migre… Les routes sont plus importantes que les racines.On peut avoir plusieurs chez soi.» A la sortie de cette pièce d’une heure dix, un spectateur heureux d’avoir vécu un moment hors-cadre et poétique, a eu cette phrase magnifique: « Ce spectacle est un véritable contre-poison aux méga-créations que nous avons subies dans ce festival! »

Jean Couturier

Jusqu’au 15 juillet à 18 h,  Gymnase du lycée Mistral, Avignon (Vaucluse). 


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