Festival d’Avignon
1 Degree Celsius, chorégraphie de Sung Im Her
Cette artiste coréenne a travaillé en Belgique avec la compagnie de Jan Fabre, les ballets C de la B, et la Need Company. « J’ai toujours été fascinée dit-elle, par les mouvements abstraits et géométriques qui peuvent émerger de notre corps. Je crois que transmettre un message à travers le langage corporel peut être plus puissant, qu’avec n’importe quelle langue parlée. Je crois donc au pouvoir de la danse. Cela me pousse continuellement en avant. J’ai été captivée par la dynamique, l’énergie et le mouvement créés par le corps et cela m’a conduit à devenir chorégraphe. »

Ce spectacle pour sept danseurs « explore les comportements humains et leur impact sur l’environnement, à partir d’un geste aussi simple qu’essentiel : la marche ». Sung Im Her nous parle de la crise climatique que chacun vit douloureusement aujourd’hui dans l’hexagone et elle en fait le thème principal de sa chorégraphie mais évoque aussi la cécité de son pays quant au désastre qui nous guette… Cela dit, la France n’est pas meilleure..
.« À travers la répétition et la transformation, la marche fait apparaître des paysages naturels, avant de devenir un geste calculé, dit Sung Im Her, on compte les pas, on se synchronise et s’adapte aux rythmes de la ville, et à la structure du monde industriel. Cette évolution comporte une question centrale : nous avons provoqué cette crise à cause de nos désirs mais nous pouvons aussi être ceux qui imagineront une autre voie. L’Humanité reste au cœur de la question ; le mouvement est l’incarnation de notre combat pour répondre à l’état changeant de la planète. »
Quant à la musique, dit Sung Im Her, elle est « inspirée par les températures grimpantes et les pulsations s’accélèrent, les rythmes se durcissent, alors que le monde s’urbanise et les textures sont à la fois froides et tendues. » On le ressent à travers cette partition une fois de plus assourdissante. Fil rouge de très nombreux spectacles (voir Le Théâtre du Blog) ce stéréotype est devenu vraiment pénible.
L’engagement physique de la chorégraphe et de ses danseurs, avec un rythme intense de déambulations circulaires ou de longues traversées du plateau et croisements, est ici tout à fait est remarquable. Mais cette pièce de cinquante minutes reste peu lisible et le public a du mal à décoder les généreuses intentions de la chorégraphe. Bref, sur ce vaste plateau, l’ennui nait de ces gestes répétés auxquels on reste extérieur….
Jean Couturier.
Spectacle vu le 11juillet, cour du lycée Saint-Joseph, Avignon.
A la rentrée, Théâtre national de la danse, Chaillot.
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