Tous en scène! une exposition du Centre national du costume et de la scène à Moulins

Une présentation de costumes, issus des collections de l’Opéra de Paris, de la Comédie Française, de la Bibliothèque de France, institutions et donations privées. Pour célébrer ses vingt ans, le Centre national du costume et de la scène de Moulins réunit une centaine de pièces d’exception sur les 10.000 conservées ici. Une jolie partition mise en œuvre par Delphine Pinasa, commissaire de l’exposition, entourée des scénographes Alain Batifoulier et Simon de Tovar. Pierre Giner artiste associé, a usé de l’intelligence artificielle pour faire vivre les costumes. Depuis son inauguration en 2006, quelque trente expositions et 1.400.000 visiteurs! Avec une programmation ambitieuse, en mêlant des approches historiques et en mettant un focus sur les techniques et mises en scène spectaculaires.
Ici, un parcours en onze salles avec d’abord, vingt ans d’acquisitions… Le patrimoine est régulièrement enrichi avec des pièces emblématiques. Ainsi le costume du Tigre pour La Flûte enchantée, conçu par Jean-Marc Stehlé en 2000, nous accueille à l’entrée comme une figure tutélaire. Un des symboles du lieu depuis l’exposition Bêtes de scène (2006). Puis dans la deuxième salle, on pénètre dans l’intimité des réserves où s’impose une politique rigoureuse de conservation pour assurer la pérennité de pièces souvent fragilisées par le travail sur la scène… Contrôles lumière, température, humidité sont bien entendu, rigoureuses.
Puis on assiste à vingt ans de mannequinage ou l’art de sublimer les costumes… Une étape essentielle de la présentation avec un support neutre, sans trahir sa forme ni son usage: l’équilibre entre fidélité historique et lisibilité muséale n’est jamais vraiment résolu. Et ensuite on montre comment en vingt ans, on a pu révéler une collection exceptionnelle de dix costumes issus de diverses expositions. Dans la salle 5, cadeau exceptionnel aux visiteurs, ceux portés par Sarah Bernhardt (1844-1923)! Un patrimoine éternel, avec, entre autres, la robe de la reine d’Espagne que portait dans Ruy Blas, la célèbre actrice qui avait été choisie par Victor Hugo en 1872… Alourdie par ses broderies de perles, cette robe est montrée à plat en raison de sa fragilité mais des miroirs permettenr d’en voir toute la richesse.
Dans la salle suivante consacrée à Maria Callas (1923-1977), on peut admirer l’héritage prestigieux que représentent ses costumes dont celui porté par la diva en 1964, dans Norma, l’opéra de Vincenzo Bellini. La salle 7 montre le travail des costumières et costumiers, mais aussi des créateurs d’illusions et dans la 8 : Ateliers et artisans/la fabrique des costumes: on trouve un bon témoignage de ces métiers exceptionnels en évolution et chaque pièce raconte l’histoire de ceux dont le talent contribue à la magie des spectacles.

La salle 9 Vestiaires d’artistes/Une seconde peau regroupe la robe de Line Renaud pour le final d’un spectacle à Las Vegas. Mais aussi ceux de Dalida, Alain Delon, Raymond Devos mais aussi de Zizi Jeanmaire, Etienne Daho…
Et cerise sur le gâteau, ils prennent vie devant nous grâce à l’IA dans une farandole? Des Q.R. codes dans chaque vitrine permettent de voir des costumes réincarnés. Un hommage à tous ceux qui ont travaillé en coulisses: plumassiers, carcassiers, tailleurs… et à toute l’équipe du C.N.C.S qui a participé à cette belle réalisation.
Solange BarbizierJusqu’au 3 janvier, Centre national du costume et de la scène à Moulins (Allier).
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