La prochaine fois que tu mordras la poussière, adaptation du roman éponyme de Panayotis Pascot et mise en scène de Paul Pascot

Festival d’Avignon

La prochaine fois que tu mordras la poussière, adaptation du roman éponyme de Panayotis Pascot et mise en scène de Paul Pascot

 Le fils dans une salle d’attente d’hôpital, à se ronger les pouces, à vider des canettes et le père aux urgences, on ne sait pas trop -ou on ne sait que trop- comment ça va finir… L’un est sur scène, l’autre lui répond des gradins, parfois  coup pour coup, et parfois, ils s’expliquent, ils savent ce qui les relie et leur permettra peut-être de se rejoindre. Pas facile. Le père ne cherche plus rien, sinon quelques souvenirs,  la force et l’écho de son autorité perdue. Le fils, lui, recherche tout ce qui a fait de lui le presque adulte que nous voyons ici. Il fouille dans les souvenirs vrais et faux,  et il essaie d’y voir plus clair.

 

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Ce qui fait plaisir: dans cette pièce, le banal est traité comme tel mais sérieusement, dans la chair à vif des sentiments. Il s’agit de la vie de tout un chacun, mais dramatisée -le théâtre est là pour ça, pour cette concentration «en vrai» du réel. Grandir devient l’objet du récit : le garçon découvre en se racontant ce qui l’a formé, ce qui a fait de lui ce qu’il est. Dire, c’est devenir. La prochaine fois que tu mordras la poussière pourrait n’être que le théâtre «mignon » de la difficile rencontre d’homme à homme, entre père et fils. Mais le jeu, les gestes et le rythme du jeu nous attachent, nous ficèlent : eux, c’est nous. Le jeune Romeo Mariani, déjà expérimenté mais encore capable d’aller chercher en lui-même l’enfance, vulnérable, intraitable, tout entière à la détresse ou aux joies du corps, fait le hold-up. On ne vous dira pas comment la pièce se termine, et si, ou comment, le père (Yann Pradal) reprend sa place.

 Christine Friedel
 
Théâtre des Halles, rue du Roi René, Avignon. T. : 04 32 76 24 51

 


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