Sans arrêt, des prises de sang. Un mois de silence! Les amis, je vous prie de m’excuser mais je n’avais guère la force de parler. Je reviens doucement, tout doucement…

Ambiance incroyable, des familles entières viennent ici. Et je me dis voilà le vrai boulot d’une Scène Nationale, toucher une ville entière et faire en sorte que le subventions ne profitent pas, qu’à un cercle d’abonnés privilégiés.
Cela a été une obsession pendant les neuf années où nous avons dirigé notre Centre d’Art et de Plaisanterie à Montbéliard (Doubs). Pas un habitant ne devait être laissé à l’écart: nous recevions de l’argent public et tout le monde devait en bénéficier.
Nous avons été, bien sûr, honnis par les soixante directeurs des Scènes nationales qui méprisent fortement, ce qu’ils appellent, l’événementiel.
Notre mot d’ordre était : ne pas de remplir le théâtre de Montbéliard mais remplir Montbéliard, de théâtre. Ainsi, nous avions créé le Réveillon des boulons le 31 décembre. Ce n’était pas un simple théâtre de rue, mais une mobilisation générale de créativité de toute la ville.

Mais elle n’a pas été suffisante. J’étais au sommet de la tour et vu qu’il y en avait au moins 40.000… Le sommet d’émotion absolue que j’aurai connue. Faire vibrer toute une ville, c’était notre cahier des charges.
En 2026, les budgets rétrécissent et les Scènes Nationales hurlent à la mort. On entend aussi Jean Bellorini, directeur du T.N.P. à Villeurbanne (Rhône) dire clairement que quatre-vingt administratifs, c’est trop et qu’il s’en va au Théâtre de Carouge à Genève. Thomas Jolly et Laëtitia Guédon lui succéderont le 1er janvier prochain. »Leur projet Monde Ouvert (…) s’articule autour de quatre créations-phares présentées chaque saison et déclinées en écosystèmes artistiques associant médiation, rencontres, formes satellites et partenariats. (…) Ils proposent également une vision ambitieuse des ateliers comme outils de production, de formation et insertion professionnelle (…) et veulent élargir les publics grâce à une multiplicité de formats. Monde Ouvert a été conçu pour répondre aux enjeux d’un théâtre populaire contemporain. »
Mais en ce moment, nous avons une sensation de ronron: programmations sans aucune surprise et surtout public « Toujours Les Mêmes », de plus en plus âgé, au nombre statistiquement compensé par celui des scolaires, aux séances… scolaires. Enfin, hourra! La Scène Nationale de Malakoff-Théâtre 71 programme Opéra Pagaïe ( voir Le Théâtre du Blog) un safari intime, une énorme opération de quartier…Cela fait du bien de voir enfin une Scène nationale faire du hors piste.
Malheureusement, la canicule va gagner la bataille. Pourtant des centaines de compagnies ruent dans les brancards et veulent en découdre. Comme le Pudding Théâtre en Franche-Comté, inventeur du Cabaret des locales, un spectacle conçu, réalisé en une semaine, et en prise sur la population ( voir Le Théâtre du Blog).

Jacques Livchine, ancien directeur avec Hervée de Lafond, du Théâtre de l’Unité, à Audincourt ( Doubs).
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