Anne Baquet chante au Paradis, accompagnée au piano par Damien Nédonchelel ou Gwendal Giguelay, mise en scène de Gérard Rauber
L’excellente soprano Anne Baquet revient au Lucernaire, après ABC d’airs et Come Bach (voir Le Théâtre du Blog) avec un nouveau récital à base de rencontres poétiques entre des auteurs actuels: René de Obaldia (Dans la marmite, çà ronronne), Victor Haïm (Le Chant d’Anna), François Morel (Je vous ai reconnu), Juliette, Isabelle Mayerau, Jean-Jacques Sempé (Les Prunes) … Et des compositeurs célèbres: Jean-Sébastien Bach, Frédéric Chopin, Charles Gounod, Sergueï Rachmaninov, mais aussi actuels comme François Rauber, Reinhardt Wagner, Thierry Asacaich, Isabelle Aboulker, Georges Moustaki, Claude Bolling, Juliette, Marie-Paule Belle… Elle dit aussi: Il faut passer le temps, un beau poème de son cher Jacques Prévert.

Au piano, ce soir-là Damien Nédonchelle accompagnait Anne Baquet, visage espiègle, regard pétillant de malice… qui rappelle celui de son père, Maurice Baquet, très bon violoncelliste et acteur comique qui avait appartenu, jeune, au fameux Groupe Octobre…La chanteuse réussit à emmener son public là où elle veut, avec un solide métier et, en même temps, une vraie générosité et une profonde envie de partager ce qu’elle aime. De temps en temps, elle se permet de faire la clown et d’esquisser quelques pas de danse…
Cela fait du bien et fonctionne tout de suite, avec applaudissements, à chaque chanson. Le spectacle est encore un peu brut de décoffrage et on ne comprend pas pourquoi, au début, Gérard Rauber la fait chanter debout sur le piano enrobée d’un grand tissu blanc. Ce qui la grandit d’un mètre cinquante… un vieux truc facile qu’on a vu, un partout , entre autres chez Jérôme Savary, Bob Wilson… Ce même grand tissu blanc est ensuite suspendu et éclairé dessous par une lumière rouge: comprenne qui pourra…
La balance piano/voix n’était pas encore au point: le son du piano parasitait donc trop souvent même la voix soprano d’Anne Baquet et empêchait de bien entendre les paroles des chansons. Cela pourrait être évité si on déplaçait seulement le piano côté jardin, de façon à laisser plus d’espace à la chanteuse sur la petite scène du Paradis au Lucernaire. A ces réserves près, c’est vraiment un spectacle réjouissant, à déguster même pendant l’été. Ce qui n’est pas si fréquent à Paris.
Philippe du Vignal
Jusqu’au 23 août, Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-Dame des champs, Paris (VI ème). T . : 01 45 44 57 34.
Laisser un commentaire