Adieu Stéphane Ricordel

Adieu Stéphane Riccordel 

 

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Il s’est éteint suite à une maladie neuronale  à soixante-deux ans. Il avait vécu en Algérie puis au Koweït, en Libye… et  à Paris avait fait à la fois des études en arts plastiques et en biologie cellulaire. Mais passionné par le théâtre, il s’inscrit au cours Florent, puis il  suit l’enseignement du grand metteur en scène Claude Régy pour lequel  « le silence fait partie du spectacle. Le silence dans la parole est une ouverture sur l’infini ; c’est le moment où l’imaginaire trouve sa place et où le spectateur peut ressentir la profondeur de l’esprit, du questionnement. « Pas loin et logiquement de certains aspects du cirque comme l’acrobatie et il suit l’école de cirque d’Annie Fratellini.  En 93, il fonde avec Laurence de Magalhaes, Frank Michel, Germain Guillemot, Fabrice Champion, Côme Doerflinger la compagnie des Arts Sauts où il était porteur, le plus souvent très haut dans le cirque. Ce collectif de quelque vingt trapézistes cinq  dont nous gardons de magnifiques souvenirs,  deviendra vite célèbre avec de nombreuses représentations dans  une cinquantaine de  pays…
En 2009, discret et efficace, il dirige avec  Laurence De Magalhaes, le Théâtre Monfort de la Ville  de Paris dans le XV ème arrondissement où il réussit en quelques années à fidéliser le public de ce quartier populaire avec un remarquable programmation de spectacles très divers théâtre, musique, danse, cirque contemporain … et aussi sept ans plus tard le festival Paris l’été. Il mettra en scène le cinquantième gala de l’Union des artistes, et crée En Passant avec Denis Lavant et Dima Yaroshenko.  Il y a dix ans il imagine avec les musiciennes ukrainiennes Dakh Daughters et d’autres circassiens , un cabaret, Terabak de Kyiv,  qui sera programmé un peu partout en Europe.
Depuis trois ans, toujours avec Laurence De Magalhaes, il était à la tête du Théâtre du Rond-Point à Paris (VIII ème) et ils avaient mis l’accent sur ces créations étrangères et sur la reprise de spectacles de jeunes metteuses et metteurs en scène. Avec lui, le théâtre contemporain perd l’un de ses meilleurs artisans au sens le plus noble du terme.

Philippe du Vignal


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