Festival d’Avignon:
We love Arabs, texte et chorégraphie d’Hillel Kogan.
Un moment rare dans ce festival et un vrai coup de cœur, au sens affectif du terme pour cette création. «J’aimerai partager avec vous quelques questions que je me pose dans mon processus de création, dite danseur israélien au début de spectacle qui interroge la notion d’espace. Espace qu’il va partager avec un danseur arabe Adi Boutrous qui se révèle être chrétien et non pas musulman. Ainsi un premier préjugé s’effondre, d’autres suivront.
Il échange des mouvements et des mots avec son partenaire, se questionne sur l’identité et sur le sens d’une chorégraphie: «Ne me montre pas quel danseur tu es, cela ne m’intéresse pas, montre moi quel animal tu es».
Hillel Kogan s’amuse parfois à un jeu verbal humoristique et un peu condescendant avec son partenaire, mais révèle sa vraie nature sensible dans les gestes qu’ils effectuent ensemble. Nous vivons ses doutes et ses hésitations dans cette recherche. L’houmous, plat national israélien et symbole d’une forme de communion, va être utilisé de différentes manières. Un lutte dansée mais amicale de couteaux et de fourchettes précéde un réel moment de grâce et de beauté entre eux et ils s’unissent dans une chorégraphie intense, accompagnée d’un air de musique classique, dans un nuage de fumée.
«Je n’aime pas dit Hillel Hogan, utiliser beaucoup de texte dans mes chorégraphies »mais pour cette pièce, il déroge heureusement à sa règle. Cette création, à la fois légère et profonde, suscite chaque jour l’enthousiasme du public. Vu son succès elle devrait très vite être reprise en France, et ailleurs.
Jean Couturier
La Manufacture jusqu’au 24 juillet. www.dddames.eu
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