Scènes conjugales, montage de François Pick
Voilà au moins quelque chose qui ne change pas : le couple est toujours le couple, de la séduction à la lassitude, “du mariage au divorce“, comme aurait dit Feydeau (absent de ce montage). En revanche on y croisera, dans le désordre, et dans l’espace étroit de ce qu’on appelle une scène de ménage: Shakespeare, Molière, Tennessee Williams, Laurent Condamin, Bergman, Ibsen, Courteline et finalement Dario Fo, pour dynamiter tout ça.
Ce qui se produit : finalement, la résistance à la domination masculine ne prend pas tout à fait les mêmes formes au cours des siècles, la révolte des femmes contre la soumission qu’attend d’elles leur père, puis son substitut: leur mari, change de sens. La femme forte de son bon droit, fait rire, jaune, aux dépens du mari qui l’a bien cherché (Dandin, par exemple). Quant à la femme autonome, elle ne fait pas rire, et ici, la Nora de Maison de poupée d’Ibsen renverse vraiment la marmite.
Dans ces Scènes de ménages, pas de rouleau à pâtisserie brandi, ou autres images convenues de la trouille masculine face à une puissance féminine qui sortirait de ses rails. Pas de place pour la gesticulation dans ce théâtre en appartement ou dans les bars et autres petits lieux où se joue le spectacle. Tout est ici, et avec légèreté, dans les métamorphoses du couple de comédiens (Sabine Lenoël et François Pick), qui dessinent en deux temps/trois mouvements, un étudiant prétentieux pratiquant une drague intellectuelle, une Angélique balançant à son Dandin le caractère illégitime, quoique pas illégal, de son consentement au mariage, etc…
Ne pas se fier au ton trop sérieux de cet article : ces Scènes conjugales griffent et cognent, avec drôlerie et –quand même- beaucoup de tendresse.
Christine Friedel
Spectacle en appartement. T: 06 60 63 76 81- franpick2@free.fr
http://francois.pick.nawak.com/
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