Rosa de et avec Jean-Marie Lehec

Les Journées du Patrimoine

Rosa, de chez Nicolas Flamel, de et avec Jean-Marie Lehec

 Il s’agit en soixante minutes d’une évocation de la vie parisienne dans ce quartier central de la capitale, surtout avant sa rénovation drastique par le préfet Haussmann, à la fin du XIX ème siècle. De 1854 à 1858 la restauration est confiée à l’architecte Théodore Ballu. Et cette tour bien connue des habitants de la capitale, a une longue histoire depuis la construction de 1509 à 1523 de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie quand la Tour Saint-Jacques haute de cinquante quatre mètres lui servait de clocher. C’était aussi le point de départ pour le pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Et pour ceux qui en ont le courage (300 marches!) on peut monter jusqu’en haut: vue imprenable sur Paris mais la Mairie de Paris ne fait pas de cadeau et la visite est payante: 12 €!  On peut avoir aussi une aussi belle vue ou presque, gratuitement au Centre Georges Pompidou, avant qu’il ne ferme pour travaux pendant cinq ans.
L’église, détruite en 1793 et devenue bien national, servit de carrière de pierre mais l’acheteur avait eu l’ordre de ne pas détruire la tour. Trente ans plus tard, un industriel – y installa une fonderie de plombs de chasse, la hauteur du clocher étant suffisante pour que les gouttes de métal refroidissent et forment des billes arrivées au sol. 

La Tour est aussi bien connue par les travaux sur la pesanteur du génial Blaise Pascal, à la fois savant et philosophe. Rénovée plusieurs fois, elle appartient à la Ville de Paris depuis 1836 et a été classée monument historique en 1862.
Mais la vie de cette tour fut associée à un personnage dont il reste encore la maison dans la proche rue de Montmorency, juste à côté des anciens bureaux du magazine art press. Le  récent présent rejoint le lointain passé. Ainsi va la vie à Paris…Nicolas Flamel (1340-1418), un bourgeois parisien était écrivain public, copiste et libraire dans dans une petite échoppe adossée à l’église Saint-Jacques-la-Boucherie. Il se maria avec Pernelle, une riche veuve et  réussit à acquérir une solide fortune grâce à des spéculations immobilières dans un quartier alors en pleine rénovation… les habitants ayant décidé de vider les fosses du tout proche cimetière des Innocents dont la belle fontaine vient d’être restaurée.

 

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Nicolas Flamel devenu riche, finança la réfection du portail de Saint-Jacques-la-Boucherie, en s’y faisant représenter en prière avec sa femme, au pied de la Vierge Marie, de Saint-Jacques et Saint-Jean. C’est aussi toute la  vie de ce quartier que fait revivre Jean-Marie Lehec avec, entre autres événements,  la mort du grand Gérard de Nerval*. Il y a une plaque commémorative dans le square avec un médaillon de Jehan Du Seigneur. Et juste à côté, une autre au sous-sol du Théâtre de la Ville, à l’endroit présumé d’une rue glauque parallèle au quai de Gesvres où, en 1855, ce grand poète fut retrouvé pendu-suicidé ou assassiné-à une grille…
L’acteur, sous le personnage de Rosa, raconte avec une diction irréprochable, cette histoire passionnante et bien écrite d’un Paris encore récent avec ces Halles que de nombreux habitants ont connues, avant leur indispensable exil à Rungis. On voyait circuler dans les petites rues avoisinantes, des bennes remplies de morceaux de viande et le quartier vivait le jour comme la nuit quand acteurs, artistes et bouchers mangeaient ensemble la soupe à l’oignon. Une autre époque…
Ce spectacle court mais attachant qui mériterait d’être repris dans de meilleures conditions: n’incriminons personne mais il y avait un bruit de fond incessant et très pénible de circulation boulevard Sébastopol et rue de Rivoli… Et pas d’ampli, si bien qu’on peinait à entendre Jean-Marie Lehec, victime d’un extinction de voix à cause d’un froid inhabituel en septembre à Paris. Les choses se sont arrangées depuis, mais conseil d’ami, habillez-vous chaudement et munissez-vous d’un parapluie au cas où…

Philippe du Vignal

 Jusqu’au samedi 28 et dimanche 29 septembre à 18h. Spectacle vu le 21 septembre au Jardin de la Tour Saint-Jacques, Paris (IVème). Pas de réservation. Spectacle gratuit.

* «Gérard de Nerval,  écrit André Breton, dans le premier Manifeste du Surréalisme, possède à merveille l’esprit dont nous nous réclamons. » Il ajoute qu’à la place du mot: surréalisme, lui et ses compagnons auraient pu tout aussi bien élire le mot: super-naturalisme employé par le poète à propos des Chimères.


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