Partita 2
D’après Partita n°2de Jean-Sébastien Bach
Chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker
Avec Boris Charmatz
Amandine Beyer, dans le noir au bord du plateau joue en solo la Partita ; le violon fait danser la musique, l’obscurité la sublime. Quand la musique se tait, dans la pénombre, deux silhouettes se dessinent. Course poursuite entre les danseurs. Anne Teresa De Keersmaeker et Boris Charmatz se cherchent, se trouvent, se repoussent établissant des points de contact entre leur univers respectifs. La chorégraphe mène la danse, son partenaire lui emboîte le pas : sauts, petits galops, roulés-boulés, pirouettes suspendues, équilibres précaires, chacun pour soi ou en dialogue, leur corps à corps sont des pas de deux subreptices plus ludiques que sensuels.
Puis le violon revient et chaque interprète rejoue sa partition, en trio. La chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker prend alors tout son sens en résonnance avec l’architecture complexe de Bach. Un style minimaliste, à la mesure d’une musique épurée.
Cette danse sans fioriture a quelque chose d’austère et si ce n’est la musique qui la sous-tend, tient plus d’un exercice, d’une répétition en cours car, comme le mentionne le programme, la chorégraphie est née d’une séance d’improvisation spontanée en plein air, entre les deux danseurs tôt un matin en 2010, sur le plateau vide du Cloître des Célestins. Sur le grand plateau vide du théâtre, la chorégraphie a quelque chose de figé, de mental, comme fixer ce moment de grâce auroral était resté de l’ordre de l’intention.
On sort du spectacle avec une perplexité frustrée sans pourtant regretter d’être venu, eu égard au talent incontestable des trois interprètes.
Mireille Davidovici
Création au Kunstenfestivaldesarts, mai 2013
Vu au Théâtre de la Ville de Paris, 28 novembre 2013
http://www.rosas.be/fr/production/partita-2
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