Festival d’Avignon
Les Figurants de Delphine de Vigan, mise en scène de Valérie Donzelli
Pour sa première mise en scène au théâtre, Valérie Donzelli, réalisatrice de films, a choisi cette première pièce de l’autrice qui a pour thème: les figurants, une catégorie de comédiens à part. Le rideau s’ouvre sur un immense miroir: un bel effet. Puis; une « super-assistante » va nous expliquer que nous sommes les figurants d’un film tourné dans ce théâtre. Un personnage caricatural: autoritaire et humiliant vis-à-vis d’eux. Sur la scène, cinq d’entre eux semblent perdus et se cherchent… Entre les prises de vue, rythmées par les caprices d’une grande actrice que l’on ne verra jamais, ils attendent les directives de la super-assistante…

Là, aussi les personnages sont caricaturaux: une bimbo blonde faisant semblant d’être anglo-saxonne, un acteur qui a eu ses heures de gloire, sortant juste d’une dépression, une ancienne infirmière dévouée cherchant à donner un sens à sa vie, une comédienne syndicaliste prête à défendre constamment les droits de ses camarades et un figurant professionnel, un peu lourd, cherchant toujours à attirer les regards sur lui, quelque soit le film.
Le jeu n’est pas en cause mais la construction de la pièce et l’autrice enfonce des portes ouvertes et des châssis-miroirs (scénographie de Gaëlle Unsandivaras) encombrent inutilement le plateau. Côté son, c’est plus séduisant: Valérie Donzelli a choisi de nous faire entendre plusieurs fois de suite l’exceptionnelle musique écrite par Georges Delerue pour La Nuit américaine de François Truffaut (1973) qui avait été une film réussi sur le thème du milieu professionnel du cinéma.
Seul moment d’émotion: sur le rideau de scène, apparaissent des images en noir et blanc, début XX ème siècle, tournées aux Studios de la Victorine à Nice…Nous découvrons alors ceux qui semblent avoir été les premiers figurants, irrésistiblement attirés par la caméra. Réaliser un focus sur cette catégorie d’artistes indispensables mais souvent oubliés, était une belle idée mais la réalisation est trop basique… Dommage!
Jean Couturier
La Scala-Provence, 3 rue Pourquery de Boisserin, jusqu’au 25 juillet à 19 h. T. : 04 65 00 00 90.
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