Le Schpountz, adaptation du film éponyme de Marcel Pagnol, mise en scène de Delphine Depardieu et Arthur Cachia
A la base, un film éponyme que Marcel Pagnol, mort il y a déjà cinquante ans, réalisa en 38 et inspiré par une anecdote réelle lors du tournage en 1934 d’Angèle de Marcel Pagnol. Le Schpountz est joué par Fernandel dans le rôle-titre, Orane Demazis et Fernand Charpin! Irénée, jeune employé (Arthur Cachia) travaille dans l’épicerie de son oncle (Axel Blind). Mais rien à faire, nonchalant, maladroit, il n’a pas la passion du commerce et cet oncle qui a adopté Irénée et son frère après la mort de leurs parents, ne mâche pas ses mots et lui dit: » Tu n’es pas bon à rien, tu es mauvais à tout ! »

Lui croit naïvement qu’il est doué pour faire une carrière d’acteur au cinéma et leur chante un air. Cela tombe bien: un réalisateur parisien et son équipe sont de passage. Et, histoire de plaisanter, ils lui font signer un contrat (bidon!). Il va donc prendre le train à ses frais pour Paris, même si tout sa famille l’en dissuade.
Arthur Cachia incarne avec une belle virtuosité ce pauvre Schpountz, méprisé, moqué mais terriblement émouvant devant cet assaut de cruauté et qui reste droit dans ses bottes.
Grâce à une jeune monteuse qui a pitié de lui, il arrive à avoir un emploi d’accessoiriste. Puis, on lui confie un rôle de personnage tragique mais il fait tellement rire le public- ce qu’il ne comprend pas du tout!-qu’il finira par avoir des rôles principaux… de comique.
Une des dernières scènes aux dialogues remarquables est tout à fait poignante: il vient passer quelques jours dans sa famille où on attend au tournant le petit employé d’épicerie « monté » à Paris pour être acteur Il attend patiemment pour dévoiler qu’il est en fait devenu une vedette… Et, bien entendu, la jeune monteuse dont il est amoureux, d’abord réticente, finira par vouloir se marier avec lui…
Le spectacle qui a déjà été joué deux années de suite au festival d’Avignon, est parfaitement rodé et bien dirigé. Au chapitre des réserves, les toiles peintes ne sont pas très réussies et il y a quelques petites longueurs. Mais qu’importe, Axel Blind, Arthur Cachia, Patrick Chayriguès, Simon Gabillet, Milena Marinelli et Jean-Benoît Souilh, tous impeccables, n’abandonnent jamais leur accent provençal et jouent plusieurs personnages sauf Arthur Cachia. N’ayons pas peur des mots: c’est théâtre populaire au meilleur sens du terme avec rire et émotion en une heure et demi étroitement mêlés, grâce à cette équipe d’acteurs soudés et généreux… Ce n’est pas si fréquent et mérite le détour.
Jusqu’au 10 janvier, Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-Dame des Champs, Paris ( VI ème).
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