»Olivier Lopez

L’Avare de Molière, mise en scène d’Olivier Lopez

 

Virginie Meillé
Virginie Meillé

Un Avare peut en cacher un autre. Rare, chez les critiques d’en voir deux du jour au lendemain! L’un de Jérôme Deschamps avec un public parisien (voir Le Théâtre du Blog), l’autre en matinée scolaire à Amiens dans la mise en scène de celui qui dirige la Cité Théâtre à Caen avec, cet après-midi là, un public surtout scolaire.

Sur scène, quelques accessoires : une grande table en bois façon table de ferme, quelques chaises de style contemporain et, bien vu, ici pas de portes mais un seul rideau blanc monté sur rails qui circulera à mesure de l’avancée de l’intrigue pour faire entrer les nombreux personnages de cette pièce-culte, à la fois comique et noire jusqu’à un dénouement heureux…
Dans la salle, le public le plus difficile qui soit : des élèves de collège, très attentifs, vont suivre en silence l’histoire de cet homme seul et malheureux qui a peur de la mort et pousse son avarice jusqu’aux plus petites choses, qui veut tout contrôler de la vie amoureuse de ses grands enfants qui le supportent difficilement. Mais son fils qui a des dettes n’hésitera pas à faire chanter son père : Harpagon récupèrera tout l’argent de sa chère cassette enfouie dans son jardin et qui a été volée, mais à une condition: lui abandonner Marianne. Bref, comme Frosine, (cette femmes d’affaires entremetteuse qui essaye de persuader Marianne d’épouser Harpagon: « un mauvais moment à passer » dit-elle, mais ensuite une belle fortune à son décès!), les jeunes personnages ne sont pas toujours des plus sympathiques… Bref, l’argent pourrit tout, noircit tout y compris les relations familiales, nous dit le metteur en scène qui met aussi très bien en valeur les aspects comiques de la pièce.
Olivier Lopez a pris le parti de faire jouer ensemble neuf acteurs dont Olivier Broche dans le rôle-titre (un ancien acteur de Jérôme Deschamps, des plus expérimentés et qu’on a pu voir récemment dans le film Mon Crime de François Ozon (voir Le Théâtre du Blog). En costume très actuel, chemise bleu-cravate, cet Avare qui déborde d’énergie mais aussi inquiétant de méchanceté, emmène avec lui les jeunes acteurs formés par Olivier Lopez à Caen. Comme Gabriel Gillotte (Cléante) ou Marine Huet (le valet La Flèche).

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Le metteur en scène a su donner, avec une mise en scène simple et sans effets, un coup de jeune à cet Avare en le rapprochant d’un théâtre de tréteaux. Belle image entre autres que celle d’Harpagon s’enveloppant comme dans un linceul du grand rideau blanc… Avec une lecture simple et efficace de cette pièce-culte, un peu dans un style BD et avec, à la fin, cette invraisemblable scène de retrouvailles, très belle, où tout le monde chante et danse.  Seul bémol : des costumes pas toujours réussis et manquant d’unité, entre autres celui de Cléante avec une cape grise aux broderies dorées.
Mais Olivier Lopez a su donner un très bon rythme, deux heures durant, à cette pièce difficile mais restée très humaine et qui a gardé un singulier pouvoir de séduction auprès des jeunes. Que demande le peuple?


Philippe du Vignal

Spectacle vu à la Comédie d’Amiens, le 6 avril.

Jusqu’au
14 avril, Studio 24/Espace de Recherche et de Création, Caen (Calvados). Le 27 avril, Les 3T/Scène conventionnée de Châtellerault (Vienne).

Le 5 mai, La Manekine/ Scène intermédiaire des Hauts-de-France, Pont-Sainte-Maxence (Oise) et le 11 mai, Théâtre d’Abbeville (Somme).

 


Commentaires

2 réponses à «  »Olivier Lopez »

  1. Bonjour,
    Savez-vous si, au delà des lieux indiqués en bas d’article, la pièce tournera en Île de France?
    Cordialement

    1. Bonjour,

      Merci de me le signaler ; je me suis fié au dossier de presse mais je vais le rajouter.
      Cordialement

      Philippe du Vignal

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