L’Aquoiboniste, texte et mise en scène de Jean-Benoît Patricot

L’Aquoiboniste, texte et mise en scène de Jean-Benoît Patricot 

© Cédric Gasnier
© Cédric Gasnier

A quoi bon vivre quand l’être cher a disparu ? Comment sortir de la léthargie causée par cette perte? Un solo écrit sur mesure pour Bertrand Skol: ce comédien belge avait eu envie d’adapter au théâtre La Mort d’Olivier Bécaille, une nouvelle d’Émile Zola, dont le personnage principal se réveille un matin et entend sa jeune épouse vaquer autour de lui… et qui soudain,  le croit mort. Une voisine et le médecin aussi. Enterré vivant, il continue à percevoir les voix et l’agitation de l’extérieur. Jean-Benoît Patricot a tiré de ce texte, une fable où il a fait de cet homme, un mort vivant, une âme errante en quête de l’être aimée…

Sur son lit placé à la verticale, parfaitement immobile il semble dormir puis, comme s’il pensait tout haut, il nous fait part de ses envies de promenade en ce dimanche ensoleillé. Il entend sa femme, Anaïs, préparer le petit déjeuner. Puis, des coulisses, nous parviennent sa voix fantomatique avec cris et sanglots: elle le croit mort… Comme la voisine et le médecin. Sans transition, on retrouve Olivier sur une table d’autopsie, puis errant comme une âme en peine dans les rues, allant de son bureau au restaurant, à la recherche d’Anaïs… Sa quête l’entraîne sur les lieux de son enfance, à Guérande où il a rencontré l’aimée. Tel un fantôme, il affronte à nouveau la mort en mer… On comprend qu’il a traversé un long deuil…

 Nous découvrons la soi-disant mort d’Olivier, puis le chemin qu’il a fait pour continuer à vivre. Il ne faut pas chercher ici une vraisemblance, et on se laisse porter par le jeu nuancé de Bertrand Skol. L’auteur et metteur en scène crée ici un personnage lunaire, comme frappé par une déflagration émotionnelle. Malgré le peu de cohérence du texte et quelques flottements au début, l’acteur réussit à nous emmener dans son cauchemar, de l’ombre, à la lumière. Il a reçu en Belgique le Cyrano 2022 du meilleur comédien dans un premier rôle pour cette interprétation.

Mireille Davidovici

Jusqu’au 24 mars, Théâtre Libre/la Scène libre, 4 boulevard de Strasbourg, Paris (X ème). T : 01 42 38 97 14.


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