La Dame de chez Maxim de Georges Feydeau, adaptation de Philippe Person, mise en scène de Florence Le Corre et Philippe Person

La Dame de chez Maxim  de Georges Feydeau, adaptation de Philippe Person, mise en scène de Florence Le Corre et Philippe Person

Un projet né à l’Ecole du Lucernaire avec vingt-et un anciens élèves. C’est une adaptation de cette pièce créée en 1899 (cinq cent représentations!) – la plus longue du célèbre auteur : deux bonnes heures avec une trentaine de personnages) mais sans doute et pour cause, elle est moins jouée que les autres… Et fondée sur une invraisemblable  suite de quiproquos. En 2010, elle avait été brillamment mise en scène par Jean-François Sivadier avec Nicolas Bouchaud, Norah Krief. Et ensuite par Zabou Breitman. Elle est ici ramenée à quatre-vingt dix minutes et onze personnages.
Le docteur Petypon, a passé la nuit au restaurant Maxim avec son ami Mongicourt qui le retrouve en plein sommeil sous un canapé renversé, alors qu’il est midi…  Il y a aussi pas loin , une belle jeune femme en chemise dite la Môme Crevette, danseuse au Moulin-Rouge. Le général Petypon, un riche oncle, débarque à l’improviste, retour d’Afrique. Comme il ne sait pas grand chose de son neveu, il prend la Môme Crevette pour sa femme. Et le docteur Petypon le laisse persister dans l’erreur.
Le général est venu inviter son neveu au mariage de sa nièce Clémentine dans son château en Touraine et le docteur se voit donc obligé d’emmener la Môme Crevette avec lui. Bien entendu, les choses se compliquent quand Gabrielle, l’épouse du docteur, reçoit tardivement le faire-part de mariage et décide alors de rejoindre le château en Touraine. Et Mongicourt, quand il l’apprend, y va aussi. Tous se retrouvent donc là-bas mais la Môme Crevette, libre, indépendante et qui a son franc-parler va semer la panique. Les jeunes provinciales snobinardes invitées vont l’imiter et reprennent  son expression fétiche, pas très claire mais à connotation sexuelle: « Et allez donc, c’est pas mon père ! »

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©x Une apparition jouée aussi par l’actrice  de la Môme Crevette

« Nous retrouvons avec bonheur notre auteur fétiche dit Philippe Person, C’est l’occasion d’une joyeuse cavalcade, de la rue Royale, au château de Touraine, des nuits parisiennes endiablées, au mariage de province. Et de dresser une galerie de portraits hauts en couleur: de la danseuse du Moulin-Rouge qui revisite la langue française et se joue de tout et de tout le monde, au général grivois, du docteur pas si respectable, à l’épouse naïve ou à l’ami noceur. »
Et cela donne quoi? L’intrigue est ici légèrement orientée années cinquante avec costumes d »époque ». Pourquoi pas? Et avec quelques simples éléments de décor et guirlandes lumineuses…Ces jeunes acteurs n’ont pas tous l’âge du rôle mais sont très vivants: un sacré bon point.  Mais on se demande pourquoi les metteurs en scène les font si souvent crier! Enfin, il n’y a ni micros H.F. ni fumigène…Un autre bon point.
En tout cas, mention spéciale à la jeune actrice qui joue la môme Crevette, pratiquement tout le temps en scène et qui illumine le spectacle, surtout quand elle est avec Petypon: « Oh ! vrai, t’es un peu mufle, tu sais !… t’as une façon !… Si j’avais seulement pour deux sous d’idéal! » Ce à quoi, il lui répond cyniquement : « Oui, mais comme tu n’en as pas ! « – Oh! Oh ! tu peux me dire « tu». La  jeune actrice dont nous n’avons pas le nom, a toutes les qualités pour aller loin.
Mais la distribution est inégale comme la mise en scène et à cause des coupes, le rythme va parfois cahotant surtout vers la fin que l’auteur a eu visiblement du mal à boucler sa pièce. Pourtant, aux meilleurs moments, on retrouve ici, du moins en partie, la folie et la liberté de Georges Feydeau. Cela sent le travail d’école mais ces jeunes comédiens sympathiques semblent heureux de faire revivre ces personnages qui n’ont pas grand chose à voir avec leur génération et qui pourraient être leur arrière-arrière-arrière grands-parents. Le public, lui, pas très jeune, les a applaudis généreusement. Alors à voir? Oui, peut-être  pour cette explosion de jeunesse et surtout pour cette incarnation de la môme Crevette! Pour le reste, mieux vaut ne pas être trop exigeant..

Philippe du Vignal

Jusqu’au 30 août, Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-dame des champs, Paris ( V ème). T. : 01 45 44 57 34.


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