I’m deranged, écriture, mise en scène, et interprétation de Mina Kavani

I’m deranged, écriture, mise en scène, et interprétation de Mina Kavani

Née dans un famille d’artistes, elle se forme à l’Ecole d’Art Dramatique de Téhéran puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique à Paris. Elle est réfugiée politique en France. “L’exil, dit-elle, commencé dans mon propre pays. L’exil a été imposé par la République islamique dès mon enfance; nous étions exilés dans notre maison, dans les rues de Téhéran. Nous étions des étrangers. J’étais déjà une étrangère dans mon pays, je rêvais d’ailleurs et cet exil a continué. »
Depuis sept ans elle n’a pas pu retourner en Iran.
Apparue nue dans Red Rose réalisé par Sepided Farsi, elle a été condamnée comme “actrice pornographique”!  Ce solo d’une heure est un long cri de douleur et paradoxalement aussi, un hymne à la vie. Ses souvenirs d’adolescence aux débuts de la République Islamique, correspondent à un vent de liberté. Tout en dansant,  dit-elle “J’ai construit le premier rêve de ma vie dans la brume des fumées d’opium… Tous nous étions libres et sauvages”.

©Laura Severi
©Laura Severi

Nous savons maintenant que cette liberté n’était qu’éphémère. Le danger guette toutes les démocraties occidentales, non pour des idéaux religieux quoi que! Mais pour une bascule du monde dans un ultra-libéralisme sauvage. Mina Kavani, à la présence hypnotique, nous emporte aisément dans toutes ces fractures qu’elle exprime dans un discours très intime: “Je voudrais juste trouver mon chemin maintenant que j’ai tout perdu … Tu appartiens à nulle part, tu appartiens à tes rêves et à tes fantasmes”.
L’actrice se dit prisonnière des ses rêves: le principal-et actuellement impossible-étant un retour dans sa terre natale pacifiée. Les mêmes fantasmes des personnages de 4.211 kms (voir Le Théâtre du Blog). Sur un plateau noir, Mina Kavani, aussi en costume noir, nous fait partager cette confession.
Comme chez Barbara sur scène, nous ressentons un fragilité et en même temps, une belle volonté de survie pour échapper à ce cauchemar. “Je crie, dit-elle, je danse, je ris”. ..

Jean Couturier

Jusquau 25 janvier, Théâtre de lAthénée-Louis Jouvet, 2-4 square de l’Opéra-Louis Jouvet, Paris (IX ème). T. :  01 53 05 19 19.

 


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