La Maison en petits cubes, mise en scène et adaptation de Didier Valadeau et Philippe Demoulin

La Maison en petits cubes, fable théâtrale sensorielle  d’après l’œuvre originale de Kunio Kato et Kenya Hirata, mise en scène et adaptation de Didier Valadeau et Philippe Demoulin (à partir de huit ans)

 

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A l’origine, un magnifique court-métrage sans paroles en douze minutes (2008) réalisé par Kunio Katô, sur un scénario de Kenya Hirata et une belle musique au piano de Kenji Kondö. Le film a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation aux Academy Award, le Cristal d’Annecy (prix du meilleur court-métrage) le Prix du jury junior au festival international d’Annecy. Mais aussi le prix Hiroshima, au festival international du film d’animation d’Hiroshima et celui du meilleur film d’animation au Japan Média Arts Festival, etc. Et il a été adapté en livre pour enfants par Kunio Kâto et Kenya Hirato.*

Un gros et vieux monsieur vit seul dans la seule pièce d’une petite maison aux murs  couverts de tableaux. Il y a aussi un lit en fer pour une personne, un poste de télévision carré et aussi vieux que lui. La maison est isolée dans une immense étendue d’eau, toutes les autres ont déjà été recouvertes! A chaque fois que le niveau monte, le vieux monsieur construit un nouvel étage. Mais toutes les traces de sa vie antérieure ont disparu et il met un scaphandre pour aller récupérer sa pipe à laquelle il tient tant. Au fond de l’eau, il va retrouver à chaque étage ses souvenirs enfouis; le temps  où il était jeune papa et il voit ainsi défiler tout son passé et celle son épouse disparue. Cette montée des eaux rappelle qu’on ne peut vivre dans ses souvenirs. Vieille mais toujours aussi jeune illustration de la fuite du temps mais aussi vision prémonitoire du terrible tsunami en 2011 sur la côte Pacifique du Japon avec tremblement de terre magnitude 9,1…
Il s’agit ici de faire passer cette fable sur un plateau. Didier Valadeau et Philippe Demoulin en ont fait une adaptation: «Pour répondre à la richesse des enjeux et à la dualité de cette œuvre partagée entre présent et passé, rêve et réalité. Ensemble, nous voulons proposer au public dans sa plus garde diversité, une création d’une genre nouveau. »

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Sur la petite scène, une quinzaine de cubes blancs figurant les pierres que monte le vieil homme pour rehausser sa maison menacée; «deux narrations sensorielles simultanées: l’une sonore, l’autre visuelle». En termes clairs, une conteuse (Sylvie Audureau) assise sur un rocking-chair et munie d’un micro HF  (on se demande bien pourquoi !) et un merveilleux musicien sénégalais Ousseynou Mangane, au balafon. Côté visuel, Damien Mignot, acteur et signeur sourd qui mime cette histoire, en utilisant aussi, si on a bien compris, des éléments de langue des signes. Et sur trois écrans verticaux, passent des images vidéo conçues par Isabelle Decoux. Avec un graphisme simple noir et blanc de toute beauté qui montre la solitude de ce vieux monsieur dans cette petite maison qui résiste encore au milieu de cette eau sans fin.
Et cela donne quoi ? Pas quelque chose de bien séduisant ; le principal défaut étant d’abord la diction trop approximative, en dessous du minimum syndical, de la conteuse mais aussi l’afflux d’informations : une voix, une gestuelle, une musique et un message visuel défilant de façon presque permanente. Trop, c’est trop et cela brouille cette narration d’à peine une heure qui traîne en longueur! Kunio Kato et Kenya Hirata avaient eux finement choisi d’en faire un récit muet en douze minutes. Le résultat est d’une grande sécheresse et n’a pas la merveilleuse poésie du court-métrage japonais…

Le public pouvait, dans la version originale de ce spectacle, «choisir soit la narration sonore soit la visuelle » au lieu de la version compacte jouée ici. Mais de toute façon, cette adaptation était mission impossible. Bref, c’est toujours la même histoire de temps et d’espace qui ne fonctionne pas quand on passe d’un médium à un autre. Reste la présence et le jeu d’Ousseynou Mangane aux balafon, udu et kalimba… On peut se consoler en allant voir sur Youtube ce formidable court-métrage…

Philippe du Vignal

Présentation professionnelle vue le 10 décembre à l’I.V.T., Cité Chaptal, Paris (IX ème).

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Editions Nobi Nobi

 

 

 

 

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