Festival Fragments: Parler pointu, de et par Benjamin Tholozan. Et Le Brasier de David Paquet, mise en scène de Julien Sicot

 Festival Fragments

 Depuis 2013, ce Festival coordonné par La Loge permet à des équipes artistiques de présenter une première étape de leur création en cours. Douze théâtres à travers la France s’associent pour parrainer onze compagnies et accompagner ainsi leurd production et diffusion.
Chaque automne en Île-de-France puis tout au long de la saison en régions, un des lieux accueille deux maquettes pour trois représentations. Une première confrontation avec le public p
our ces jeunes artistes, .

 Parler pointu, de et par Benjamin Tholozan, mise en scène d’Hélène François

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© M. Davidovici

« Une pièce, dit le comédien, en hommage à mes racines, à une culture où je n’ai pas réussi à m’inscrire et que j’ai souvent l’impression de renier, moi qui ai modifié ma façon d’être et de m’exprimer pour faire du théâtre.»
Benjamin Tholozon nous accueille avec un pastis, boisson emblématique de sa Provence natale. Depuis qu’il est «monté» à Paris pour exercer son métier, il a perdu son accent et ce parler pointu lui semble aujourd’hui une trahison. Il revient donc à ses racines familiales et évoque son grand-père, un homme jovial.

De ce fils de maçon communiste qu’il a enterré l’an passé, il retrace la vie, et surtout les fariboles racontées en provençal, une langue que l’on parlait jusque dans les années cinquante. Un modèle pour l’acteur qu’il est devenu.

L’occasion, pour Benjamin Tholozon de raconter la répression du soi-disant patois à l’école de la République, avec « le symbole »: une brique que l’instituteur mettait sur la tête de l’élève qui parlait sa langue. Dès qu’un autre enfant était aussi pris sur le fait, il recevait la punition, soulageant ainsi son camarade. A partir de là il va remonter jusqu’à la croisade des Albigeois qui soumit l’Occitanie à la France…
Cette première partie se clôt sur un repas de famille animé, sorte d’interlude. Brice Ormain, à la guitare, assure quelques bruitages et accompagne avec humour ce seul en scène prometteur, émouvant et plein de vitalité…

Le Brasier de David Paquet, mise en scène de Julien Sicot

Des triplées. Folles, chacune à sa manière… Claudine fait des biscuits souvent ratés et leur parle, Claudie séduit le facteur et envoie son nouveau-né par le poste à la plus riche famille du village… Claudette, elle, enferme son fils dans une cage quand il n’est pas sage mais, en colère, il met le feu à la maison.

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©x Carrelage Collectif

Dans une deuxième partie, Clément et Carole, deux solitaires, se rencontrent autour du jeu de rôles, Des Dragons et des rois. Nous comprenons peu à peu, à leurs bizarreries et à leurs récits, qu’ils sont les rejetons de cette engeance. Comment la tare originelle se transmettra-t-elle à Caroline, leur fille? Il faudra attendre la création du spectacle pour connaître la fin de cette saga inter-générationnelle où tout semble se répéter, à l’image d’une malédiction antique.

L’auteur québécois, dans un style direct et d’une grande efficacité., avance par brefs monologues pris en charge ici par Anne Knosp, Juliette de Ribaucourt, Paul Scarfoglio et Margot Viala.  Ils ne s’attardent pas sur la psychologie de leur personnage et tiennent à distance et avec humour, ces histoires en forme de conte cruel. Parrainé par le Monfort Théâtre, Carrelage Collectif fait ici une belle proposition en s’appuyant sur un texte solide. A suivre.

Mireille Davidovici

Fragments, jusqu’au 22 octobre, au Grand Parquet, 35 rue d’Aubervilliers, Paris (XVIIIème). T. 01 40 03 72 23.

Le Brasier, les 28 février et 3 mars, Le Phénix, Valenciennes (Nord).

Parler Pointu, les 23 et 24 novembre, Théâtre du Pont-Neuf, Toulouse (Haute-Garonne)


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