Festival d’Avignon: Revue, de Sarah Adjou

Festival d’Avignon

Revue, de Sarah Adjou

Ni grand escalier, ni coiffes de plumes, ni strass, mais, à elle toute seule, elle danse la grande revue de cabaret. En même temps, même si ce n’est pas le plateau de l’Opéra Garnier ou du Théâtre de la Ville à Paris, elle nous donne une magnifique pièce de danse contemporaine. Elle a travaillé  avec Akram Khan, La Batsheva…. et a aussi chorégraphié plusieurs ballets. Mais ici, à Avignon, elle est venue seule.
Sarah Adjou danse de tout son corps, elle explore tout, se détend et s’étire comme un animal, se replie, bondit sur place, suivant le rythme de la musique jazzy qu’elle a choisie, se rétracte, se relève… Un sommeil de quelques secondes, puis sa main se réveille, se déplie, s’avance, comme une bête monstrueuse.

© Laurent Philippe
© Laurent Philippe


Puis le corps reprend les commandes. La danseuse s’accroche à son agrès, cage ouverte faite de tubes métalliques, le renverse. Il lui échappe mais elle s’en saisit pour y reprendre des forces qui ne la quittent jamais…
Elle enfile une vaste jupe noire doublée de volants rouges, et voici les exploits, la brutalité et le sourire provocant du french-cancan.
La même jupe, côté noir, l’empaquette comme une créature des abysses… Onduler au rythme du cabaret, avec une parfaite maîtrise : on dirait que la lumière a baissé, ou est-ce la musique et la danse qui nous le suggèrent ?


Le titre: Revue, nous emmène du côté des grands cabarets. Avec sa façon de casser les rythmes, Sarah Adjou, elle nous emmène bien plus loin, qu’un « genre ». Elle danse décidément tout. Ou au moins, nous donne l’impression qu’elle danse tout. Pas de grands sauts ni de grandes traversées du plateau: elle n’en n’a pas la place. Mais, sur le moment, on n’y pense même pas, tant elle a d’autres façons d’exprimer l’élan et l’espace. Avec cette Revue, elle nous fait tout simplement cadeau, à nous, les piètres danseurs, de sa joie de danser. Et nous, nous bougerons mieux.

 Christine Friedel

 Théâtre du Train bleu, à 11 h, 40 rue Paul Saïn, Avignon ( Vaucluse).

 

 


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