Panorama de Philippe Decouflé
Ça commence en fanfare, avant même l’extinction des lumières de la salle, par un défilé de majorettes, perruques flamme et habits chamarrés, tout droit sorties de Shazam (1998),
Ce qui donne le ton de cette revue, où Decouflé revisite ses premières pièces, et nous offre un panorama de son parcours. Avec tout d’abord Vague Café qui lui valut en 1983 le prix du concours de Bagnolet, début d’une carrière polymorphe, mêlant petites formes et grandes parades, d’Albertville à Los Angeles en passant par le Crazy Horse et l’Opéra de Paris.
Malgré des transitions théâtrales parfois un peu bavardes entre les pièces, le spectacle nous entraîne dans une mosaïque de petites formes. Le public découvre ou retrouve l’énergie de cette danse. Une rigueur géométrique (Jump) que rompt des courbes et des entrelacs (Decodex- 1995)). Des costumes qui prolongent les corps, des jeux d’ombre et de lumière qui les découpent, un décor qui s’ouvre et qui se referme sur l’immensité de la grande halle, une musique qui oscille entre le rock et flonflons, humour, bonne humeur et poésie. Tout contribue au charme d’un spectacle bigarré et hétérogène.
Les corps décollent et s’enlacent au bout de cordes élastiques, dansent dans un halo de lumière contre ou avec des ombres chinoises. La scène se peuple de personnages étranges, de monstres et chimères arrachés à l’univers des rêves enfantins, d’automates inquiétants ou mutins. Ou bien elle se transforme par la magie du son et des éclairages en juke box géant. Et ça finit en chanson et castagnettes (Sombreros-2006), sur une photo de famille, comme pour marquer l’esprit de troupe que revendique le chorégraphe.
Il ne s’agit pas d’une rétrospective muséale mais d’une relecture de ses pièces, à la lumière de nouveaux interprètes, et imprégnée d’un regard distancié. « Un ensemble de variations sur d’anciennes formes… Au final c’est une création à part entière », écrit Philippe Decouflé.
En prime, avant le spectacle, on peut visiter l’exposition Opticon conçue par le chorégraphe et ses complices de toujours. Affiches, costumes, accessoires et éléments de décor, photographies, croquis, vidéos, carnets de notes… autant de repères dans un parcours nourri de l’univers du cirque, du mime, du théâtre, de la BD. Des installations interactives invitent le public à des expériences ludiques et interactives.Certains jours, un concert prolonge la soirée.
Mireille Davidovici
Grande Halle de la Villette du 6 juin au 1er juillet . Opticon : jusqu’au 15 juillet . Solo : du 4 au 14 juillet. T : 01-40-03-75-75 www.villette.com
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