Barbarians

Festival d’Avignon :

Barbarians conception et chorégraphie de Hofesh Shechter

IMG_2503Pour le chorégraphe, qui a reçu le grand prix Danse du Syndicat de la Critique pour Dissapearing Act, Avignon est une première. Il faut saluer sa présence, dans un festival qui reste consacré au théâtre, avec, cependant cette année,  plusieurs spectacles de danse.
   L’actualité nous rappelle chaque jour la barbarie dont est capable l’humain, le titre est donc approprié! La note  d’intention précise que  il s’agit ici d’un voyage entre la bête et l’humain mais la bête ne tue que pour se nourrir…
   La chorégraphie,  en trois tableaux, paraît  plus sensorielle que didactique. Chacun y trouve ce qu’il veut, l’important est d’éprouver en soi cette danse tellurique. 
  Des fragments de  François Couperin, parasités par des vrombissements puissants, avec des basses qui pulsent le son au plus profond de notre corps, sont brutalement entrecoupés de musiques contemporaines transformant la scène en boîte branchée.
  On entend aussi la voix d’Hofesh Shechter  dont les paroles (le texte est donné au public)  traversent la pièce, surtout en première et troisième partie. On reconnaît bien son style: gestuelle très rapide faits de spasmes, fermeture du corps sur lui-même, ou mouvements compulsifs alternant avec d’autres  très lents et gracieux, voire  arrêts soudains.
 Le travail des lumières est exceptionnel : dans la première partie,  des « douches » successives  découpent l’espace enfumé. Deux groupes d’interprètes se succèdent, puis  rejoignent tous un couple dans la troisième partie. L’énergie animale  des danseurs, tous remarquables, est unique. C’est leur animalité que nous ressentons et qui nous emporte.
  Cette entrée du chorégraphe au Festival d’Avignon s’avère une totale réussite : «J’ai quarante ans, dit-il,  et …je voulais faire quelque chose à propos de l’innocence. Je voulais, comment dire, il y a cette sorte de frisson, et…nous  les gens de mon âge, on recherche un frisson,  quelque chose pour se sentir vraiment vivant…»

Jean Couturier

Spectacle joué à La Fabrica du 12 au 15 juillet.  


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