Barbara par Roland Romanelli

Barbara par Roland Romanelli

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Monique Serf, dite Barbara (1930-1997) reste vingt-cinq ans après sa mort, l’auteure-compositrice et interprète majeure du XX ème siècle avec ses chansons devenues classiques. Poésie des textes, harmonie des musiques, voix inimitable, interprétation et diction hors-pair: on ne se lasse jamais de l’écouter. Barbara commença par chanter celles des autres et c’est Jacques Brel qui la poussa à écrire ses chansons. 

Reste à savoir comment célébrer l’art de cette grande dame avec un spectacle à sa hauteur. Roland Romanelli, interprète et compositeur, tout en noir les cheveux longs aussi blancs que sa grande barbe, raconte généreusement avec émotion, tendresse et humour quelques moments de leur vie amoureuse mais aussi artistique: il l’a accompagnée au piano et aussi composé plusieurs de ses chansons. Et il accompagne son épouse Rebecca Mai au piano et aussi à l’accordéon, avec Jean-Philippe Audin au violoncelle, elle n’en est est pas à son coup d’essai (elle avait interprété Barbara et l’homme en habit rouge à la Philharmonie de Paris en 2017). Et le spectacle est parfaitement rodé.

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Sur cette petite scène, aucun décor sinon un écran de roses et avec, au début, la photo de Roland Romanelli et Rebecca Mai ( passons sur ce malheureux effet pléonastique!). Mais aussi et heureusement de magnifiques clichés de Barbara qui nous la font revivre, notamment l’un d’eux où on la voit au bord de la Seine. Rebecca Mai sait faire et enchaîne une vingtaine de ses magnifiques chansons comme L’Aigle noir, Nantes, Göttingen, Ma plus belle histoire d’amour, Une petite cantate… et la dernière Dis quand reviendras-tu? est interprétée avec un chœur de dix femmes dans le public.

Mais le spectacle, loin de Et moi aussi je suis Barbara, récemment évoqué par Pierre Notte (voir Le Théâtre du Blog) souffre d’une mise en scène approximative, malgré les lumières de Jacques Rouveyrollis et d’un mauvais système sonore. Et le micro H.F. que porte la chanteuse sur une joue (ce qui est toujours laid et qui se voit, surtout dans cette petite salle) ne semble pas être d’une qualité extraordinaire. Est-ce un des fameux DPA Thomann utilisés, entre autres, par Bob Wilson, avec un son naturel et une grande plage dynamique avant écrêtage ? Pas sûr…
En tout cas, la voix de la chanteuse a ici des côtés souvent nasillards et très métalliques, ce qu’elle n’a pas, bien entendu. Cela va un peu mieux, quand elle chante avec un micro sur pied mais la balance entre la musique très forte du piano à queue et le chant ne reste quand même pas terrible. Et les multiples nuances que Barbara, très exigeante sur l’accompagnement, savait introduire dans ses chansons, passent ici à la trappe. Un spectacle finalement décevant malgré la beauté des paroles et de la musique. Dommage…

Philippe du Vignal

Jusqu’au 19 mars, Théâtre de Passy, 95 rue de Passy, Paris (XVI ème). T. : 01 82 28 56 40.

 


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