Adieu Marcel Maréchal

Adieu Marcel Maréchal

Le comédien et metteur en scène est mort hier chez lui à quatre-vingt trois ans. Très jeune, il avait fondé le Théâtre du Cothurne à Lyon où il dirigea ensuite le Théâtre du Huitième, il avait engagé des acteurs inconnus à l’époque comme Bernard Ballet, Pierre Arditi, Maurice Bénichou  Marcel Bozonnet et avait réussi à faire venir- excusez du peu- Mick Jaeger, les Who et les Pink Floyd.

 Nommé directeur du Gymnase à Marseille, il y créera ensuite en 1981 avec son ami et bras droit François Bourgat, le Théâtre de la Criée devenu Théâtre National. Et avec lui, il dirigera Le Rond-Point à Paris et à partir de 2001. Et enfin ce lieu itinérant que sont Les Tréteaux de France, jusqu’en 2011, ce qui semblait mieux lui convenir que le milieu parisien.

7800599729_le-comedien-marcel-marechal-ici-le-8-mai-2000-est-decede-a-l-age-de-83-ansIl avait une incroyable énergie et, à chaque fois que nous nous rencontrions, il nous parlait de ses nombreux projets de spectacle. Il aura en effet réalisé plus de soixante mises en scène! Quelquefois même deux par an donc forcément inégales mais il avait réussi à drainer un public populaire qui lui était attaché. On retiendra de lui notamment  des adaptations de romans célèbres comme Capitaine Fracasse de Théophile Gautier, ou Les Trois Mousquetaires d’après Alexandre Dumas qu’il avait joué à Créteil où toute la salle très jeune était emportée par le rythme et une vivacité peu commune des acteurs. Mais aussi Californie, paradis des morts de faim de Sam Shepard  ou encore Falstafe de Valère Novarina d’après Henry IV de William Shakespeare. Il mit aussi en scène des classiques aussi différents que Molière Beaumarchais, Musset, Aristophane ou Tchekhov…

Mais nous le préférions nettement- c’était un bon acteur même s’il avait tendance à en faire un peu trop- quand il jouait lui-même des auteurs contemporains : Fin de partie de Samuel Beckett  ou  Le Cavalier seul de Jacques Audberti qu’il contribua à révéler au public. Ou encore  Badadesques de Jean Vauthier, Cripure de Louis Guilloux. Avec lui, s’en va un des derniers metteurs en scène de ce qu’on a longtemps appelé la “Décentralisation”…

Philippe du Vignal

 

 


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