‘un spectacle… interdit par le préfet…

© Stéphanie Ruffier
© Stéphanie Ruffier

A Besançon, une visio-conférence au lieu d’un spectacle… interdit par le préfet!

Cela se passait ce dimanche 20 décembre à 14 h, au Centre Dramatique National de Besançon, avec une représentation de Je ne veux pas savoir par Anne Pauly, Juliette Mouteau. Ou plutôt une non-représentation mais les acteurs de la Culture ont voulu faire acte de résistance face aux obligations sanitaires qu’ils ne comprennent plus. Anne Vignot, la maire E.E.L.V.  et son adjointe à la Culture Aline Chassagne et Célie Pauthe, directrice du C.D.N.  avaient soutenu le référé-liberté déposé pour la réouverture des théâtre lieux de culture. Le Conseil d‘Etat a fait preuve, comme on le sait, de bienveillance et de compréhension ( voir l’article de Samuel Churin dans Le Théâtre du Blog) mais n’a pas annulé cette décision, vu la situation sanitaire en Grande-Bretagne et donc en France, des risques aggravés.Mais qu’en sera-t- il après le 7 janvier? Sans doute un certain assouplissement mais pas une réouverture de tous les lieux sans exception.

Cette représentation clandestine a été aussitôt interdite par Joël Mathurin, préfet du Doubs, avec menace de fermeture administrative. Il a proposé une visio-conférence… Cela a déjà un air de reconfinement… Surtout avec l’arrivée du nouveau virus en Angleterre. Ici, pas de forme de résistance offensive mais un dialogue courtois avec des représentants des arts et de la Culture de Besançon, en présence d’Anne Vignot, du C.D.N, des Deux Scènes, du Bastion, de la Rodia, du Bien Urbain, de No Logo, Du Bitume et des Plumes, des directeurs de musées et metteurs en scène comme Anne Montfort, Céline Châtelain, Nicolas Laurent  et Lucile Chesnais de la Far-Est et de l’Agitée, et des représentants de compagnies…Mais toutes les forces locales n’ont pas été invitées et cette réunion s’est organisée dans l’urgence.

La Coordination des Intermittents et Précaires a déployé des banderoles à l’entrée du C.D.N.  où s’étaient regroupés une trentaine de manifestants. Constat: les allers et retours incessants et insupportables du Gouvernement désarçonnent tous celles et ceux qui tentent de s’adapter sans cesse aux règles sanitaires.  Et, à la clé, il y aura un bouchon inévitable quand les programmations reprendront normalement. Donc les professionnels comme les lieux sont en danger économique et il y a un grand sentiment d’injustice par rapport à l’ouverture et la fréquentation des grandes surfaces commerciales. 

Le préfet s’est engagé, lui, à lancer une réflexion avec le Rectorat pour permettre quelques reprises avec les scolaires dans le cadre de la continuité éducative et à défendre au cas par cas, les structures du milieu culturel bisontin. « Le temps n’est pas à la reprise mais à la restriction du brassage social. Notre département pourrait être dans un cadre encore plus contraint à la rentrée de janvier. L’hôpital est en train de craquer. Nous sommes à l’aube de décisions importantes: peut-être un nouveau confinement. »

Joël Mathurin admet que la Culture participe à la «santé mentale », et au bonheur collectif mais Anne Vignot a souligné l’iniquité de traitement entre les différents secteurs de la vie économique et sociale. Jeanne Poitevin évoque des doléances non relayées par la D.R.A.C. Pointe donc un danger mental avec de nombreuses personnes fracassées et sans accompagnement.   La réunion se poursuivra sans le préfet pour trouver des solutions communes : imaginer un protocole, une expérimentation ? En tout cas, l’avenir n’est pas  dans le numérique et le « distanciel ». On veut quelques lueurs d’espoir pour retrouver du vivant !

Stéphanie Ruffier

Spectacle qu’on n’a pas pu voir au Centre Dramatique de Besançon, le 20 décembre.

 

 


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