Festival Le Temps d’aimer la danse à Biarritz
AWEN-The sacred Veil, musique d’Eric Whitacre, livret de Charles Anthony et Julie Lawrence Silvestri, chorégraphie de Martin Harriague

Avec le ballet de l’Opéra du Grand-Avignon, le chorégraphe, bientôt à la tête du Centre chorégraphique national de Biarritz, présente une création forte et d’une grande sensibilité, fruit d’une collaboration de Martin Harriague avec Eric Whitacre, compositeur renommé vivant à Los Angeles. Il le rencontre en 2024 à New York où il allait assister à une réunion de campagne de Donald Trump, en vue d’un autre spectacle, America (voir Le Théâtre du Blog). Une partition écrite pour piano, violoncelle et chœur.
Eric Whitacre a créé, il y a une dizaine d’années, Virtual choir où il associe avec harmonie, chant choral et musique électronique.Et il est devenu une star des réseaux sociaux avec Sleep, puis Lux Aurumque en 2009, Sleep (2.0) l’année suivante. Une vidéo de Lux Aurumque avec un chœur virtuel de 185 voix de douze pays, a été qualifiée d’«expérience musicale encore meilleure qu’attendue», et vue plus d’un million de fois, les deux mois suivant sa sortie.

L’œuvre s’inspire de la véritable histoire de Julie, une jeune femme morte d’un cancer et de son compagnon Tony, un vieil ami d’Eric Whitacre. Ce qui explique dans le programme, une photo du couple à leur mariage en 93. Les douze danseuses et danseurs, remarquables, épousent parfaitement cette pièce emplie de douceur. Martin Harriague dit avoir voulu «parler de cette rencontre amoureuse, de la maladie et de la mort, sous une forme poétique, loin de ses créations passées… des satires politiques, avec une peinture de l’hystérie mondiale générale ». Il a été d’autant plus impliqué dans cette création qu’elle parle de la vraie vie: il a perdu sa mère, il y a deux ans…
Sur le plateau nu, les interprètes deviennent les témoins de l’évolution du couple: Tony et Julie se rencontrent, s’aiment, puis vivent la découverte du cancer, puis la mort de la jeune femme… Une étole blanche (le voile sacré), suspendue en fond de scène, donne le ton à cette création emplie de moments d’émotion. En Asie, le blanc -ici la couleur des costumes- est celle traditionnelle du deuil et AWEN-The sacred Veil possède une sérénité religieuse, loin du bruit et de la fureur actuells.
Jean Couturier
Spectacle vu le 19 septembre, au Théâtre du Casino municipal de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).
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