
Avec Le Théâtre pour chiens, Le Mariage, La 2CV -Théâtre évidemment. Puis nous avons joué La Célébration de la guillotine en 89, un dimanche matin pluvieux devant l’Hôtel de Ville… Pas trop de monde! Maintenant la place déborderait…
Nous séjournions et mangions à l’hôtel Saint-Pierre où descendait régulièrement Georges Pompidou… Le grand luxe. Bien sûr, il n’y avait pas encore de festival off. Je n’en dirai pas de mal: pour les compagnies : c’est une opportunité de jouer devant un public avec des jauges qui vont parfois à cinq cent places et de se confronter à d’autres, éventuellement à des producteurs. Nous avions toujours été dans le in et je continue à trouver scandaleux, ce régime à deux vitesses. Mais, pour une fois, il n’y a pas de filtrage et viennent à Aurillac, plus de mille « compagnies », dites: de passage. Gérées et programmées par le festival in, mais ni logées ni nourries et qui font souvent une fête permanente. Hervée de Lafond, ma collaboratrice du Théâtre de l’Unité, adore faire sa fière et rappelle que nous sommes les initiateurs de ce mouvement des arts de la rue.

Avec le grand Jean Digne qui mena une opération exemplaire pendant quelques jours: Aix, ville ouverte aux saltimbanques à laquelle participa aussi Philippe du Vignal. Il dirigea ensuite l’institut français de Naples puis l’Association Française d’Action Artistique. Nous étions en totale complicité. Aujourd’hui, Jean, prostré, allongé sur son lit ou assis sur une chaise depuis trois ans, est maintenant dans un Ehpad au Tremblay… Il ne parle plus du tout et ne reconnait plus personne: dans l’état actuel de la médecine, comme on dit, il n’y a aucune possibilité d’amélioration. Sa famille, ses amis Jean-Pierre Marcos et Catherine Tasca, ancienne ministre de la Culture, viennent le voir avec nous. Mais cet état de non-vie est une épreuve insupportable. pour nous qui avons connu Jean si brillant… Le médecin nous dit que peut-être, au fond de lui, ces visites lui rappellent que l’on ne l’oublie pas….
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