Festival d’Avignon Le Pas du monde, création du collectif XY

Festival d’Avignon

Le Pas du monde, création du collectif XY

 Ce spectacle avait été joué l’an passé à la Villette à Paris. Mais  sauf erreur, c’est la première fois que le cirque contemporain fait son entrée dans ce site mythique et majestueux qu’est la Cour d’Honneur du Palais des Papes.  Le cirque était venu au festival avec Les Clowns, mise en scène d’Ariane Mnouchkine pour le Théâtre du Soleil mais c’était en 69 il y a cinquante-neuf ans, au cloître Saint-Louis.
Les vingt-deux artistes du collectif (à l’origine six…) nous ont ébloui. Malgré l’immensité du lieu, ils réussissent à nous immerger dans un univers poétique et intime.«Nous utilisions nos corps, dit ce collectif, pour faire plein de choses, mais jamais nos voix.  »

 © Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage

Et c’est une riche idée dramaturgique d’avoir réuni, pour cette création, chant et acrobatie, avec un exceptionnel trio vocal, Julie Calbette, Cyril Héritier et Virginie Besnoist, accompagnés par la création électro de Jack McWeeny. Une partie entièrement composée et interprétée dans une langue inventée… Les artistes sont de douze nationalités et il y a ici la vibration d’influences culturelles diverses, représentant pour chaque membre de la compagnie, une charge symbolique différente dans ce lieu historique.

Avec une dimension universelle indéniable : «Ce que j’aime dans la voix, précise Virginie Besnoit: on ne peut pas trop mentir. Elle a cet aspect incarné tel un prolongement du corps.» Une idée de la vérité qu’on retrouve dans l’art de l’acrobatie. Pyramides humaines, sauts dans le vide, marches suspendues, tourbillons graciles, relèvent du prodige. Ici, les corps des circassiens, circassiennes, danseurs et danseuses se métamorphosent, sous nos yeux, en paysages mouvants. Et c’est de toute beauté : « À nos yeux, la chorégraphie n’est pas réservée à la danse, dit ce collectif. En respectant l’acrobatie, on peut trouver un terreau commun. »
Tous ces artistes évoluent dans une scénographie sobre qui intensifie la magie des tableaux. En  un peu plus d’une heure, avec des portés acrobatiques très impressionnants, jaillit ici, selon les mots de Wajdi Mouawad, metteur en scène et dramaturge, « la puissance de la fragilité ».

 Elisabeth Naud

 Spectacle vu à la Cour d’Honneur du Palais des Papes, Avignon (Vaucluse).

Les 6 et 7 octobre, Théâtre-Scène nationale du Grand Narbonne (Aude). Les 9 et 10 octobre Le Parvis-Scène nationale de Tarbes (Hautes-Pyrénées).
Les 13 et 14 octobre, Espace Pluriels-Scène conventionnée Danse, Théâtre de Pau (Pyrénées-Atlantiques).
Les 16 et 17 octobre,Théâtre de Gascogne, Mont-de-Marsan (Landes) et les 21 et 23 octobre, festival Circa, Auch (Gers).

 

 

 


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