Candide

Candide, un spectacle masqué d’après Voltaire, adaptation et dramaturgie d’Isabel Garma, mise en scène de Rafael Biancotto.

 

  candide.jpgOn connaît tous le fameux roman Candide ou l’optimisme, traduit de l’allemand de M. le Docteur Ralf alias Voltaire, publié en 1759 à Genève et  qui a souvent fait l’objet de nombreuses adaptations théâtrales. Voltaire est un scénariste génial et les aventures de de ce jeune garçon qui vit au château de Thunder-ten-tronchk où il suit l’enseignement du philosophe Pangloss qui lui enseigne la la métaphysico-théologo-cosmonigologie et qui pense que l’on vit dans le meilleur des mondes possibles. mais voilà, Candide est chassé du château pour s’être livré à une « leçon de physique expérimentale » sur  Cunégonde, fille du baron. Le pauvre Candide,  enrôlé de force dans des troupes bulgares, assistera impuissant à la boucherie d’une guerre sans merci, puis retrouvera le pauvre  Pangloss défiguré par la vérole qui lui dira que Cunégonde a été violée par les Bulgares puis il s’embarquera pour Lisbonne où il arrive le jour du tremblement de terre. Il y découvre l’Inquisition et Pangloss sera pendu au cours d’un autodafé! La découverte du monde par Candide s’annonce mal
Il retrouve par hasard Cunégonde devenue la maîtresse d’un grand inquisiteur et d’un juif très riche qu’il tuera avant de s’enfuir avec son valet Cacambo en Amérique du Sud  et il devra abandonner Cunégonde à Buenos-Aires avant de se retrouver au Paraguay où il retrouve le frère de Cunégonde qu’il va tuer.Puis il découvre l’Eldorado  Il retrouvera par la suite, dans une sorte de quête obsessionnelle, sa Cunégonde qui a été vendue comme esclave mais avec Cacambo, il  rejoint Paris où,  à cause de la médecine, il a failli mourir puis Venise où il retrouve Paquette la servante du château et son amant le moine Giroflée.Puis Candide arrive à Constantinople où il retrouve Pangloss qui a échappé à la pendaison,rachète Cunégonde devenue esclave; elle est laide et méchante mais il l’épouse quand même. Il vit désormais là-bas avec Pangloss, Cunégonde, Pâquette et Giroflée : désabusé mais un peu plus serein, il dit simplement cette seule phrase devenue célèbre: « Il faut cultiver notre jardin ».
Le scénario de ce conte philosophique et véritable roman initiatique est délirant mais exemplaire, et le dialogue dès les premières répliques se révèle d’une ironie cinglante à partir duquel on peut  effectivement bâtir un spectacle. Rafael Biancotto a choisi de construire sa mise en scène sur deux principes: une scène nue avec quatre comédiens: deux hommes et deux femmes pour interpréter la vingtaine de personnages de la saga imaginée par Voltaire, et trois musiciens ( tuba, clarinette et claviers) pour les accompagner avec du fado, des mélodies tropicales, orientales, et des bruitages assez bien vus.. Et de faire pencher le tout vers un  jeu masqué, très gestuel. Il y a parfois de belles trouvailles mais ce n’était sûrement pas l’idée du siècle de traduire, par un jeu masqué,l’ironie du texte et le refus de Voltaire de se plier aux diktats de l’église toute puissante  qui régnait sur son époque.   De temps en temps , quelques  répliques réussissent à  émerger mais la quintessence du texte a disparu et, avec elle, la modernité du propos que Rafael Biancotto voudrait,dit-il, nous révéler. En fait, manque d’évidence  une véritable dramaturgie où l’on  retrouverait  l’essentiel de ce conte philosophique,mais c’est loin  d’être le cas…
Comme, de plus,le spectacle qui commence déjà en retard, n’a pas assez de rythme et traîne en longueur, le compte n’y est pas tout à fait, malgré les efforts des comédiens pour rendre crédibles leurs personnages. D’autant que les masques sont  laids, sauf celui tout à fait étonnant de Pangloss.
Alors à voir? Non, ma mère… Dommage mais nous ne voyons pas bien pourquoi on vous enverrait jusque là; le résultat est quand même trop décevant par rapport aux intentions affichées par le metteur en scène, et ce serait un bien mauvais coup que d’y emmener des lycéens si on voulait leur faire découvrir  ce merveilleux Candide qui reste plus de deux siècles après sa parution un trésor national d’une intelligence et d’une  ironie qui sont restées exceptionnelles. On imagine ce qu’ un acteur, même seul en scène, comme Luchini par exemple, pourrait en faire…

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre de Ménilmontant jusqu’au 23 novembre


Commentaires

3 réponses à « Candide »

  1. Mieux vaut en effet emmener les lycéens ou collégiens voir le « Zadig » très réussi du Théâtre 13…

  2. merci Anne, théatre du blog est bienvenue, voici mon telephone pour réserver au théatre 13 par la compagnie du catogan. tel 0614779979

  3. Avatar de eclair15

    Critique tellement sévère que je n’ai même pas eu le courage d’aller voir par moi-même. Le sujet de Candide est pourtant fascinant.

    Je sors, enchanté, d’une représentation de Candide, mis en musique par Bernstein, et adapté par la troupe de Bernard Jourdain, « opera côté choeur », que j’ai vue dimanche dernier (le 6/11) à Verrière le Buisson.

    Une deuxième représentation aura lieu le mardi 31 janvier à 20h30, au Centre-des-bords-de-Marne, 2, rue de la Prairie, Le Perreux sur Marne.

    Courrez-y.

    Il n’est pas inutile de signaler qu’un texte très intéressant sur cette représentation a été inscrit sur « unblog » :

    http://eborja.unblog.fr/textos-varios-i/candide-de-bernstein/

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