
« L’enthousiasme, disait-elle, est mon sport favori. » Après des succès au boulevard avec La Manière forte de Jacques Deval. Mais aussi à Londres avec Happy Times, elle jouera au T.N.P. de Jean Vilar. Elle forme un duo exceptionnel avec Gérard Philippe dans Lorenzaccio et Les Caprices de Marianne d’ Alfred de Musset. Et elle joue en travesti dans L‘Heureux Stratagème de Marivaux et La Nuit des rois de William Shakespeare. Actrice de la compagnie Renaud-Barrault, elle est une frémissante Dona Prouhèze dans Le Soulier de satin de Paul Claudel, son auteur de prédilection qu’elle retrouvera dans L’Echange où elle incarne la flamboyante Lechy. Mais elle est aussi Hermione dans Andromaque de Jean Racine, la Reine de L’Aigle à deux têtes de Jean Cocteau et joue dans Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo, mise en scène de Jean-Louis Barrault.
Quatre ans plus tard, elle incarne avec humour, la tragédienne autoritaire de Colombe de Jean Anouilh. Et son récital poétique, Les Grandes Forêts, remporte un grand succès, notamment à Beyrouth. Elégante et racée, sobre et pondérée, au charme parfois étrange, à l’aise en anglais aussi bien qu’en français, Geneviève Page excella aussi au cinéma… entre autres, dans L’Énigmatique Monsieur D de Sheldon Reynols avec Robert Mitchum
et dans Le Bal des adieux de Charles Vidor et George Cukor, avec Dirk Bogarde.
Elle est la mère-maquerelle dans Belle de jour de Luis Buñuel. Et Gabrielle, l’espionne de charme qui fait perdre la tête au héros de La Vie privée de Sherlock Holmes, des rôles qu’elle a remarquablement tenus. En 2005, nous avions eu la chance de la voir au Mégaron, à Athènes, dans l‘opéra de Claude Debussy, Le Martyre de Saint-Sébastien. Et en 2011, à quatre-vingt-quatre ans, elle joua encore dans Britannicus de Jean Racine, mise en scène de Michel Fau. Le théâtre classique et contemporain lui doit beaucoup. Merci Geneviève Page.
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