Harcèlements…
Autrefois, j’avais la passion de franchir les obstacles. Une compagnie de théâtre y est sans cesse obligée pour survivre et il fallait faire des choix, trancher, définir axes et priorités. Seul, je n’aurai jamais réussi: j’ai toujours été en duo avec Hervée de Lafond, et en trio, avec Claude Acquart, notre scénographe. Elle, la grande ordonnatrice et moi, le metteur en songes…. Certes, notre fonctionnement n’était pas d‘une fluidité idéale mais ressemblait à un moteur à explosion. Et tant bien que mal, nous avons réussi à maintenir le cap sur plus d’un demi-siècle, avec des réussites mais aussi des échecs.

Notre récente décision, vu notre état de santé et notre âge: confier l’outil créé il y a vingt-cinq ans déjà à Audincourt, à trois membres de l’équipe qui vont poursuivre notre politique de résidences pour des compagnies, nos cabarets mensuels, les Kapouchniks, et les Ruches, des ateliers de théâtre annuels pour lycéens. Ainsi, nous préférons nous retirer bientôt mais la fin qui s’annonçait tranquille, s’est brusquement dégradée au Théâtre de l’Unité: problèmes humains, soupçons de harcèlement… Les faits sont hélas! documentés. Bien sûr, j’ai cherché à éviter des solutions-couperets.
Hervée trouve, elle, qu’il y a urgence à réagir au plus vite. Elle est la référence: “harcèlement” que le Ministère de la Culture a mise en place et elle a recueilli des témoignages… Je tombe des nues. Sans aucun doute, une chirurgie de guerre s’impose et nous allons devoir amputer notre équipe de deux excellents éléments. On ne pouvait pas continuer dans ce climat de non-dits, tensions, gêne, suspicion avec des gens qui ne se parlent plus. J’aurais rêvé d’une fin moins douloureuse… plus sereine. Autrefois, j’aimais les petits arrangements, les solutions non-violentes, les compromis. Mais là, nous ne pouvions plus continuer comme cela…
Jacques Chirac, lui, avait été élu la même année 77 maire de Paris.
( Ph. du V.)
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