A louer par la compagnie Peeping Tom
Le Théâtre de la Ville semble renouer avec son passé, et le décor rappelle l’époque où c’était une salle à l’italienne qui s’appelait encore Théâtre Sarah Bernardt. De hauts pendrillons rouges ferment le plateau,et sur la scène, juste un piano, un canapé, et quelques fauteuils encore couverts de housses et un lampadaire…
Ce pourrait être le hall d’un théâtre ou d’une salle des ventes. La scénographie constitue un peu le personnage central de cette pièce de danse/théâtre. Les sept comédiens de cette compagnie belge, vont jouer avec ces éléments de décor et y révéler d’autres espaces. Tout est fait pour qu’il perde son sens initial.
”Follow me”: l’ordre est plusieurs fois répété mais il n’est pas facile de suivre ces personnages et l’on s’ennuie assez vite malgré de très beaux moments. A signaler: deux danseurs coréens qui possèdent une gestuelle exceptionnelle. Et la lumière transforme le lieu en un tableau d’Edward Hopper.
Et c’est à un théâtre d’images de l’inconscient, avec un texte qui participe plutôt de l’accessoire mais avec une bande-son très présente. que nous sommes en fait conviés. On se souviendra sans doute du moment magique à la fin du spectacle, quand un comédien reprend au piano Wild is the wind de Nina Simone, juste avant que l’ensemble du groupe ne se fige dans cet espace qui retrouve alors toute la force visuelle et évocatrice d’une peinture.
Jean Couturier
Théâtre de la Ville jusqu’au 2 juin
Laisser un commentaire