L’insomnie des Murènes conception et mise en scène de Laurent Bazin
Dix millions de Français souffriraient d’insomnie, ce qui explique une surconsommation hexagonale d’hypnotiques. Symptôme isolé ou accompagné d’autres pathologies, il se traduit par un état sensoriel particulier entre veille et sommeil impossible à trouver. Ce spectacle d’une heure aux frontières de la danse et du théâtre d’images cherche à évoquer ce nouvel état .
On découvre alors non des images d’insomnies mais de celles qui oscillent entre rêve et cauchemar. Qu’importe l’intention initiale du metteur en scène, c’est à chacun d’interpréter ces instants visuels en fonction de sa sensibilité. Le point commun de ces ombres et formes enveloppées de plastique transparent est une évocation de la féminité avec une nudité partielle. Le spectacle est dansé par une comédienne et trois danseuses. Féminité ambiguë, en ce qu’elle a de multiples visages monstrueux et effrayants. Le travail des lumières pour ce type d’atmosphère est important, mais exige une précision extrême: si elle sont trop intenses, le spectateur est transformé en voyeur ; si elle sont trop faibles, il s’endort…
Le texte n’est en effet ici qu’accessoire et l’on aurait aimé trouver une ambiance sonore et musicale plus forte. La volonté esthétique du metteur en scène est évidente, mais ce type d’images demande moins de proximité du public que dans ce petit lieu. L’équipe de la Loge aura au moins offert la possibilité à Laurent Bazin, jeune metteur en scène, de montrer un autre théâtre qu’il est intéressant de découvrir malgré toutes ses imperfections…
Jean Couturier
Théâtre de La Loge, jusqu’au 17 mars les mardi mercredi et jeudi
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