Fantaisies, l’idéal féminin n’est plus ce qu’il était

Fantaisies, l’idéal féminin n’est plus ce qu’il était, de et par Carole Thibaut

« Je suis la femme idéale », dit-elle, dans un dispositif parfaitement propice aux pièges du narcissisme, triple miroir, “catwalk“ pour défilé de mode, et, pour la femme “exécutive“, pupitre de conférencière. La Femme (idéale) doit être à la fois forte et douce, intelligente mais pas intellectuelle, belle et abordable, sexy et mère, drôle et discrète, et ainsi de suite, à l’infini des jeux de couples opposés et d’enjeux impossibles. Le tout « pas trop », bien sûr, elle doit rester « à sa place ». Qu’on ne s’étonne pas de l’affluence des guillemets : ils manifestent la présence massive de ce code de la femme idéale qu’éditent chaque semaine ou chaque mois les magazines féminins.
Carole Thibaut, femme de théâtre – comédienne, auteure, metteuse en scène, et je fais exprès de mettre au féminin -, s’amuse un moment de ce code, nous le récite à l’envers, à l’endroit et par le menu : oui, nous sommes complices… Et puis elle ne s’amuse plus du tout, et s’empare avec une efficacité brutale du discours de la domination masculine, de tout ce que celle-ci a mis sur le mot “con“, du refus de l’“instinct maternel“ et du devoir d’allaitement, de la trahison des “pétasses“ qui véhiculent en roucoulant l’idéologie de l’oppresseur. Le spectacle se construit, à géométrie variable, depuis 2008. Les séquences, sans doute interchangeables, mènent bel et bien vers l’éclatement de cette “femme idéale“. Humour et colère poussés parfois jusqu’au grotesque : Carole Thibaut tient la performance en beauté, et avec une force singulière : c’est singulier, la force, chez une femme, non ?

Christine Friedel

Jusqu’au 30 janvier à Confluences, Paris XXe – 01 40 24 16 46 –


Commentaires

2 réponses à « Fantaisies, l’idéal féminin n’est plus ce qu’il était »

  1. Avatar de Chantal

    La moindre des choses, c’est de ne pas écorcher le nom de la belle et talentueuse Carole, qui s’appelle Thibaut.

  2. merci, vous avez raison c’est rectifié.

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