WOYZECK d’après Büchner, mise en scène Yvane Chapuis et Gwenaël Morin
Depuis le début de l’année, Gwenaël Morin et sa troupe du Théâtre Permanent venue de Rhône-Alpes ont investi les Laboratoires d’Aubervilliers pour y monter chaque mois un spectacle, présenté gratuitement pendant les trois premières semaines de chaque mois à la soixantaine de spectateurs qui peuvent y être accueillis. S’ils le souhaitent, les fans de cette démarche peuvent revenir assister aux ateliers théâtre présentés dans la journée.
Après Lorenzaccio, Tartuffe, Bérénice, Antigone et Hamlet, c’est au tour de Woyzeck d’être démonté par la troupe. Nous sommes dans un dispositif quadri-frontal, il n’y a ni décor, ni costumes, seulement un grand chapeau pour le docteur et quelques accessoires. Le spectacle commence curieusement par la deuxième partie, le meurtre de Marie avec un grand couteau de bois, l’égarement de Woyzeck qui cherche son couteau pour le jeter dans le lac. On perd toute la construction, et la montée de la folle jalousie de Woyzeck accablé par le docteur et le capitaine qui lui font subir les pires sévices en le prenant comme sujet d’expérience et en se moquant de l’infidélité de Marie.
Mais Marie ne possède aucun érotisme, ce qui fausse la relation qu’elle avec le tambour-major, seul Woyzeck courant comme un dératé autour du plateau prend une dimension théâtrale. Woyzeck est l’une des pièces préférées de beaucoup de professionnels, et nous en avons vu au moins une dizaine de mises en scène mais de celle-ci, nous ne garderons guère de trace, malgré le journal du laboratoire, revue gratuite de 160 pages avec articles et photos très élaborés, et malgré un accueil au théâtre très sympathique.
Edith Rappoport
Laoboratoires d’Aubervilliers.
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