Destination Feydeau,( extraits de Léonie est en avance, Ne te promène donc pas toute nue, Le Fil à la patte et un texte de Frédéric Tourvieille traitant de la dernière année de la vie de Georges Feydeau. Mise en scène de Frédéric Tourvieille.
Comme chacun sait, Feydeau est cette année le jeune auteur à la mode qui a connu cette année à Paris comme en tournée des records de fréquentation , et cela ne semble pas près de cesser. A chaque crise, son antidote , et c’est dans les vieux flacons qu’on trouve parfois les meilleurs remèdes. Frédéric Tourvieille a donc emmené ses camarades et le public dans une ballade autour de la vie de Feydeau qui, s’est terminée assez tragiquement ( voir les articles précédents du Théâtre du blog).
Le spectacle commence plutôt bien par un retour en arrière ,année par année jusqu’en 1921, quand mourut le célèbre écrivain, avec des images des actualités cinéma de l’époque, et un capitaine d’avion accueillant le public avec une hôtesse qui traduit ses propos dans la langue de Shakespeare en les commentant… La parodie des petits discours des stewards et hôtesses de l’air sur les consignes de sécurité n’a rien de très neuf mais cela fait toujours plaisir et attire tout de suite la sympathie du public, surtout quand c’est, comme ici, assez bien maîtrisé.
Puis, suivent des extraits des pièces mentionnées plus haut, et là, les choses ne sont plus tout à fait dans l’axe, d’autant que sont évoqués des moments de la vie de Feydeau qui servent d’enchaînements: on a ainsi droit aux visites que lui faisait Sacha Guitry et sa comédienne d’épouse, Yvonne Printemps… mais cela a des parfums de Moyen-Age pour la plupart des spectateurs qui ne sont évidemment pas au fait des coulisses du théâtre parisien des années 1900. Mais l’on rit parfois davantage aux moments de la vie de Feydeau qu’aux extraits de ses pièces présentées.
Pourquoi? Fastoche: comme une bonne partie de la dramaturgie de Feydeau est fondée sur un mécanisme parfait où un personnage pris au piège d’une situation à forte connotation relationnelle et/ou sexuelle, arrive à se rétablir in extremis. Chez Feydeau , il faut toujours un peu de temps pour que la machine se mette à fonctionner, et ,comme ici , il n’y a guère de temps, cela patine, et la machine a des ratés. Comme la scénographie et les costumes bâclés sont du genre amateur, si on ne s’ennuie pas vraiment, ce collage improbable de scènes a du mal à tenir la route.
Côté interprétation, les comédiens surjouent souvent et font un peu n’importe quoi, et comme ils ne le font pas très bien, il n’y a pas vraiment de raisons pour s’intéresser à ce qui se passe sur scène. En fin de spectacle, le dernier petit film repart de 1921 jusqu’à 2009, avec, assez vite et tous genres confondus, de grande figures socio-historiques comme Mao, Clémenceau, Elvis Presley ou encore Michaël Jackson, ou Busch père, et des bribes de documentaires que l’on aurait arrachées à l’Histoire. C’est tout à fait savoureux mais aussi bien dommage que le reste du spectacle ne soit pas du même tonneau…
Alors à voir? Bof ???? Au moins, la salle est correctement climatisée.
Philippe du Vignal
L’Albatros côté rue 23 rue des Teinturiers à Avignon.
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